Neujahr 2020



 

 

Liebe Angehörigen meines Bekanntenkreises,
liebe Freunde, Bekannte und Verwandte,

mitzunehmendem Alter wird der Aktionsradius immer kleiner. Statt in New York den Museen nachzusteigen, war dieses Jahr das Bundesbriefarchiv dran. Ich war von der Stiftung der Päpstlichen Schweizer Garde zum Martinimahl nach Schwyz eingeladen. Vor dem Gelage stand der Besuch des Bundesbriefmuseums an.
Gleich in der Eingangshalle empfingen mich Wilhelm Tell, die Drei Eidgenossen und Arnold Winkelried, drei wichtige Persönlichkeiten, die in der Geschichte der Schweiz eine Rolle spielen.
Wilhelm Tell der legendäre Freiheitskämpfer, schreitet mit geschulterte Armbrust und seinem Sohn Walter durch Altdorf.
Winkelried liegt auf dem Gemälde von Konrad Grob in der Speeren der Habsburger bei der Schlacht bei Sempach.
Die Drei Eidgenossen, Werner Stauffacher von Schwyz, Walter Fürst von Uri und Arnold von Melchtal aus Unterwalden, beschwören auf dem Gemälde von Heinrich Füssli den ersten Bund auf dem Rütli.
Die ersten Stunden in Schweizer Geschichte der Primarschule kommen mir in den Sinn. Wie stolz waren wir Schüler auf unsere Helden. In den Unterrichtspausen stellten wir im Schulhaushof die Schlachten der Eidgenossen gegen die Österreicher nach. So wurden wir unsere überschüssige Energie los und mit geschwellter Brust – natürlich hatten wir die Habsburger besiegt – ging es zurück zum Unterricht. Jahre später, in der Kantonsschule, wurde meine stille Bewunderung zu unseren Gründervätern rücksichtslos zerstört. Der damalige Geschichtslehrer – ein junger promovierter Historiker – teilte uns kalt und emotionslos mit, weder Tell noch Winkelried und schon gar nicht die Drei Eidgenossen hätten je gelebt. Das haben die Quellen, die er für seine Doktorarbeit ausgegraben hatte, bewiesen. Wir Studis waren klug genug zu erfassen, dass die Geschichten um die Gründung der Eidgenossenschaft eher Legenden und Mythen als Geschichte waren. Beleidigt waren wir trotzdem. Unser romantisches Bild der Heldentaten, so in der Luft zu zerreissen.
Mein Besuch im Bundesbriefmuseum am Tage des heiligen Martin, stellte alles in ein neues, glaubwürdiges Licht.
Für den jungen Gymnasiallehrer galt als Geschichte, was in schriftlichen Quellen, in Verträgen, Briefen und Dokumenten in den Archiven zu finden war. Helden wie Winkelried und Tell gehören nicht in die historische Wissenschaft.
Damals, kurz nach dem Krieg, war das in der Schule ganz anders. Alles war Geschichte. Die Drei Eidgenossen gehörten ebenso dazu wie die Schlacht bei Sempach.
Das Bild von der Schlacht bei Sempach von Konrad Grob ist ein gutes Beispiel für beides, Geschichte und Mythos. Die Schlacht ist verbrieft. Sie fand statt, es gibt Quellen: Das ist Geschichte. Der Einsatz von Winkelried wird nicht erwähnt. Keine Quelle, keine Geschichte, höchstens Mythos.
Um die Vergangenheit der Historie der Menschheit darzustellen braucht es eben beides. Geschichte und Mythos, sie gehen Hand in Hand. Zwei Seiten derselben Medaille, Körper und Seele, Geist und Materie. Das lernte ich von der Kuratorin des Bundesbriefmuseums. Ich bin wieder versöhnt.
Die Geschichte soll die Rekonstruktion der geschriebenen Vergangenheit wahrheitsgetreu aufarbeiten. Die Mythen stehen dagegen als Symbole für Freiheit (Tell), Mut und Entschlossenheit (Winkelried) und gegenseitige Hilfe (Rütlischwur).
Was brachte uns nun das verflossene Jahr?
Wenn man der Presse glauben darf war es von Turbulenzen geprägt. Finanzkrisen, kriegerische Auseinandersetzungen, Probleme im Umgang mit Migranten, kurz schwierige Zeiten. Das vor allem ausserhalb unseres Landes. Im Gegensatz zu diesen Meldungen hatten wir auch heuer Erfreuliches zu verzeichnen.
Beinahe keine Arbeitslosigkeit, kaum ein Anstieg bei den Prämien, das Wohnen wurde günstiger, keine Inflation und die Börse im hoch! Uns ging es gut. Natürlich lief nicht alles rund. Unser Land hatte, wie viele andere Staaten auch, jahrelang gelernt mit turbulenten Zeiten umzugehen und zu überleben.
Man könnte zurzeit den Eindruck erhalten, die Welt sei aus den Fugen geraten. Allzu viel haben wir davon nicht zu spüren bekommen. Ein gewisses Unbehagen bleibt doch zurück. Was wäre, wenn wir, ohne es zu merken, in dieses globale Chaos hineinrutschen würden? Bestimmt gäbe es Probleme. Bestimmt würden wir diese lösen. Wie damals Tell, Walter Fürst und Winkelried. Ein grosser Wandel wird zwar auf uns zukommen. Vieles was früher richtig war, ist heute falsch. Die Volkswirtschaften der westlichen Hemisphäre sind daran sich zu verändern. Die Schweiz ist ein Teil davon. Wir sind in der Lage zu dieser Mutation unseren Beitrag zu leisten.
Mit Zuversicht werden wir diesen Wandel meistern. Mit dieser Aussicht können wir das kommende Jahr in Angriff nehmen. Die Schweiz ist grundsolide aufgestellt. Wir gehen einer guten Zukunft entgegen.
Dazu wünsche ich allen eine gute Zeit.
Ein frohes und glückliches Neues Jahr!
Bliibud gsund und nämeds nit zschwär!

Hans von Werra

Chers amis et parents,
Avec l’âge, le rayon d’action se réduit fatalement de plus en plus. En lieu et place des musées de New York, cette année, c’était donc le tour des Archives fédérales des lettres. La Fondation de la Garde pontificale suisse m’y avait invité lors du repas de la Saint Martin à Schwyz. Précédent le banquet, une visite au Musée fédéral des lettres était organisée.
Guillaume Tell, les Trois Confédérés et Arnold Winkelried, ces trois personnalités marquantes de l’histoire de la Suisse, m’ont accueilli dans le hall d’entrée.
Guillaume Tell, le légendaire combattant de la liberté, avance, l’arbalète à l’épaule, accompagné de son fils Walter, dans Altdorf.
Winkelried est représenté sur le tableau de Konrad Grob, empalé sur les lances des Habsbourgs lors de la bataille de Sempach.
Sur le tableau d’Heinrich Füssli, les Trois Confédérés, Werner Stauffacher de Schwyz, Walter Fürst d’Uri et Arnold von Melchtal d’Unterwalden, jurent ensemble le Serment de Rütli.
Les premières heures d’histoire de la Suisse lors de mon école primaire me reviennent à l’esprit. Nous, les écoliers, que n’étions nous fiers de nos héros! Pendant les pauses, nous reproduisions dans la cour de récréation les batailles des confédérés contre les Autrichiens. Nous nous débarrassions ainsi de notre excédent d’énergie et, la poitrine fière et gonflée – nous avions évidemment vaincu les Habsbourgs – nous retournions en classe. Des années plus tard, à l’école cantonale, mon admiration silencieuse pour nos pères fondateurs fut impitoyablement anéantie par notre professeur d’histoire – un jeune historien diplômé – qui nous informa froidement et sans émotion, que ni Tell, ni Winkelried et certainement pas les Trois Confédérés, n’avaient jamais vécu. Ces faits étaient soutenus par des sources qu’il avait découvertes pour sa thèse de doctorat. Nous, les étudiants, étions assez intelligents pour comprendre que les histoires relevant de la fondation de la Confédération ressemblaient plus à des légendes et à des mythes qu’à l’histoire réelle. Nous sommes toutefois restés quelque peu froissés que notre romantique image des exploits passés soit ainsi annihilée.
Cette visite au Musée fédéral des lettres le jour de la Saint Martin m’a présenté le tout sous un jour nouveau et crédible.
Pour le jeune professeur d’histoire, les faits considérés étaient ceux trouvés parmi les sources écrites, les contrats, les lettres et les documents des archives. Des héros comme Winkelried ou Tell ne font pas partie de ces sciences historiques.
Mais à l’école, à cette époque juste après la guerre, c’était très différent. Tout était de l’histoire. Les Trois Confédérés aussi bien que la bataille de Sempach en faisaient partie.
Le tableau de la bataille de Sempach de Konrad Grob est un bon exemple pour les deux, l’histoire et le mythe. La bataille est documentée, elle a bien eu lieu, il en existe des sources: c’est de l’histoire. L’intervention de Winkelried n’y est pas mentionnée. Aucune source, aucune histoire, tout au plus un mythe.
Pour décrire le chemin de l’histoire de l’humanité, cela requiert en fait les deux. L’histoire et le mythe vont de pair. Deux faces d’une même pièce, corps et âme, esprit et matière. J’ai appris cela de la conservatrice du Musée. Du coup, je suis à nouveau réconcilié avec mon passé.
L’histoire doit décrire fidèlement la reconstruction du passé documenté. Les mythes, en revanche, représentent les symboles de liberté (Tell), de courage et de détermination (Winkelried) et d’entraide mutuelle (Serment de Rütli).
Que nous a donc apporté l’année écoulée?
A en croire la presse, elle aurait été marquée par des turbulences, des crises financières, des conflits armés, des problèmes de gestion de flux migratoires, bref, des temps difficiles. Surtout en dehors de nos frontières.
A l’instar de ces informations, nous avons également été gratifié cette année par de bonnes nouvelles.
Quasiment pas de chômage, une hausse des primes à peine perceptible, l’habitat est devenu moins cher, peu d’inflation et le marché boursier est à la hausse! Nous allons donc très bien.
Evidemment, tout cela ne s’est pas passé sans encombres. Pendant de nombreuses années, notre pays, comme nombreux autres États, avait à faire face aux turbulences et trouver le moyen de survivre.
Pour l’instant, on pourrait avoir l’impression que le monde est sorti de ses gonds, bien que nous n’en avons pas trop ressenti cela. Un certain malaise pourtant subsiste: Et si nous sombrions dans ce chaos mondial sans nous en rendre compte? Cela génèrerait certainement de gros problèmes, mais nous relèverions ces défis. Comme Tell, Walter Fürst et Winkelried.
Un grand changement nous attend. Une grande partie de ce qui semblait juste auparavant est maintenant devenu faux. Les économies occidentales sont en pleine mutation. La Suisse en fait partie. Nous allons contribuer à cette mutation.
Nous pouvons maîtriser ce changement avec sérénité. Attaquons donc l’année à venir dans cet esprit. La Suisse est construite sur une base solide. Nous nous dirigeons vers un avenir clément.
Je vous souhaite à tous du bon temps.
Bonne et heureuse année!
Bliibud gsund und nämeds nit zschwär!
(Restez en bonne santé et ne vous faites pas trop de Soucis !)

Hans von Werra


Traduction du texte français:: Edmond Berrang, Zurich, Suisse












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Niklaus

Das Fest des heiligen Niklaus am 6. Dezember habe ich ein Leben lang genossen.
In meiner frühesten Jugend erlebte ich schon mit Spannung die Ankunft des Bischofs aus Spanien mit seinem Knecht Piet. In Holland war das der Anfang einer längeren Festzeit, an der es für alle Geschenke gab. Zu der Zeit war Weihnachten in den Niederlanden das Fest der Geburt Christi. Da gab es zwar den Weihnachtsbaum und die Krippe, aber keine Geschenke. Das erledigte der Niklaus drei Wochen vorher. Der Namenstag des Niklaus ist immer noch ein richtiges Volksfest, an dem die Kinder ihren grossen Anteil haben.
Später in der Schweiz verschoben sich die Gewichte. Am 5. und 6. Dezember zog der Nikolaus mit seinem Knecht Schmutzli von Familie zu Familie und diente der Erziehung und dem Beschenken der Kinder. Als Schmutzli startete ich meine Karriere als einer der Darsteller bei diesem Fest. Das war meine Lehre, mit fremden Kindern umzugehen. Es ging nicht lange, und ich war der Hauptdarsteller, der Chlaus. Diese Rolle sollte mich mein ganzes Leben begleiten. Als Nikolaus war ich ein gefragter Mann.
Als meine Braut und spätere Frau in Basel im Bläsischulhaus unterrichtete, brauchte sie einen Chlaus. Natürlich war ich zur Stelle. Alle waren mit meinem Aufritt in der zweiten Primarklasse zufrieden. Sowohl die Kinder wie auch Doris. Ich verabschiedete mich bei den Kindern. «Der Nickinecki muss jetzt weiter. Sein Eselchen wartet schon im Schulhof.» Das war ein Fehler. Alle Buben und Mädchen wollten mit mir in den Hof, um das Eselchen zu sehen und es zu streicheln. Wie Doris es geschafft hat, die Kinder im Klassenzimmer zu halten, bis ich das Weite gesucht hatte, weiss ich nicht mehr.
Ein paar Jahre später kam der Niklaus bei unserer Familie in Basel auf Besuch. Die Rolle des Niklaus hatte Willi, der Götti von Susanna und Obmann der Fasnachtsclique Rumpel übernommen. Für diesen Einsatz der richtige Mann. Nach seinem Auftritt, wir sassen alle schon am Tisch bei Kaffee und Kuchen, kam «zufällig» Willi vorbei und gesellte sich zu uns. Als es Zeit wurde, brachte ich Christine und Susanna ins Bett. Beim Gutachtsagen erwähnte Susanna ganz nebenbei «der Samichlaus und der Götti haben die gleichen Schuhe.»
Oft wurde ich als Niklaus an Erwachsenenanlässe gebeten. Da gehörte es sich, mit geistvollen Sprüchen und ausgefallenen Geschenken dem Abend die richtige Würze zu geben. Einmal stach mich der Hafer. Aus meinem Sack schenkte ich einem Mitglied unseres Rotaryklubs ein lebendiges Kaninchen.

Als Sabine im Gymnasium war, hatte sie mich überredet, als St. Niklaus in ihrer Klasse zu erscheinen. Inzwischen hatte ich schon etwas Routine und glaubte, aus den gemachten Fehlern gelernt zu haben. So setzten sich Sabine und ich schon im November zusammen. Das, um den Anlass sorgfältig zu planen. Wir würden zu zweit auftreten. Mein Bruder als Schmutzli und ich natürlich als Chlaus. Es wurde die Chemiestunde als Austragungsort gewählt. Das passte gut. Erstens kann Chemie im Gymi nicht oft genug ausfallen. Und zweitens war der Chemielehrer ein Konsemester von mir. Wir hatten zur selben Zeit am Poly studiert. Hatten uns aber etwas aus den Augen verloren. Sabine präparierte einen präzisen Klassenspiegel, damit würde ich die Namen auswendig lernen und jeden Schüler mit dem Vornamen ansprechen. Ferner brauchte ich von 8 – 10 Gymnasiasten besondere Ereignisse aus dem Schülerleben. Diese mussten vor den Sommerferien zurückliegen. Dies, um die allwissende Präsenz von St. Niklaus zu dokumentieren. Es musste der Eindruck entstehen, dass der Niklaus wirklich alles über alle weiss. Am ersten Dezember hatte Sabine alles zusammengestellt und ich begab mich in die Zentralbibliothek. Dort suchte ich die Dissertation meines Kollegen Peter Strickler heraus und studierte seine 30 Jahre zurückliegende Doktorarbeit.
Am Vortag des Niklaus Fests kam mein Bruder nach Gossau. Wir besprachen den Ablauf der Show. Es war Dienstag, der 6. Dezember 1983, als wir kurz nach Zehn ins Chemiezimmer von Peter Strickler traten. Wir übernahmen sofort die Führung und stellten den Unterricht ab. Stickler benahm sich sportlich und verkroch sich auf die hinterste Bank. Nach einer kurzen Begrüssung und ein paar hochgestochenen akademischen Floskeln blickte ich autoritär in die Runde. Zeigte mit meiner weissbehandschuhten Hand auf eine Schülerin, nannte sie beim Namen und bat sie zu mir. Mein Bruder Robert übernahm den clownesken Teil. Er verteilte die Geschenke gespickt mit faulen Sprüchen. Es war ein richtiges Gaudi. Die Kinder genossen das Theater. Die Stimmung steigerte sich zu einem allgemeinen Verblüffen, als Niklaus die Austauschstudentin aus Los Angeles in ihrer Muttersprache aufforderte nach vorne zu kommen. Als dann noch ein Knabe aus Holland beim Klaus ein holländisches Niklausverschen aufsagen musste, war der Höhepunkt erreicht. Schmutzli und ich schritten majestätisch auf den Lehrer zu. Schmutzli kramte eine gute Flasche Rotwein aus seinem Sack, ich zitierte dazu einige Passagen aus seiner Diss. Dann verabschiedeten wir uns.

Peter holte uns auf dem Gang ein. Er war sichtlich gerührt. Das sei das erste Mal in den zwanzig Jahren seiner Lehrtätigkeit, dass er vom Santiklaus besucht wurde. Natürlich hätte er mich sofort erkannt und gewusst, dass Sabine die ganze Übung eingefädelt hatte.
Sabine kam etwas später als gewöhnlich zum Mittagstisch. Robi und ich waren wieder in Zivil. Sabine strahlte über ihr ganzes Gesicht und überschäumte vor Freude. Das war eine gelungene Sache gewesen. Eine Freundin hatte ihr im Stillen anvertraut, sie glaube, es gebe ihn wirklich, den St. Niklaus, der alles wisse.
Mein letzter Auftritt als Samichlaus war bei der Familie von Sabine in Winterthur, als ihr Sohn Seraphim sechs und seine Schwester Xenia vier Jahre alt waren. Mein Ehrgeiz war angestachelt. Es musste alles so organisiert werden, dass ich mich als Grossvater-Niklaus nicht verraten sollte. Dafür wurde ein ganzes Lügengebäude aufgebaut.
Brigitta läutete an der Haustüre. Die Kinder waren schon ganz aus dem Häuschen. Heute kommt der Nikolaus. Sabine hatte eine gute Stimmung vorgelegt. Beide rannten zur Türe und fanden dort nur Brigitta vor. «Wo ist der Grosspapi?» «Der kommt später. Er kommt aus Paris. Sein Flugzeug hat Verspätung.» Daran war man gewohnt. Grosspapi war viel mit dem Flugzeug unterwegs. Er wird schon noch kommen. Dass ich inzwischen in der Waschküche mich bis auf die Unterhosen ausgezogen hatte und mich als Niklaus einkleidete, wussten die Kinder natürlich nicht. Ich gab mir alle Mühe, keine Spuren an meinem Kostüm zu hinterlassen. Keine Armbanduhr. Keinen Siegelring. Weisse Handschuhe. Alte Stiefel. Sauber geschminkt. Falsche Augenbrauen. Falscher Bart. Noch den Bischofsstab und das grosse Buch. Ich kannte mich selbst nicht mehr und ging in den Garten.
Festlich wurde ich vom Vater Dominik empfangen. Ein grosser Stuhl, fast ein Thron, stand bereit. Die Erwachsenen schön im Hintergrund. Erwartungsvoll und etwas ängstlich hatten sich die beiden Kleinen, Seraphim und Xenia, aufgebaut und bestaunten die Szene. Das schwierigste an der Darstellung von St. Niklaus ist das Verstellen der Stimme. Am Anfang geht es in der Regel ganz gut. Mit der Zeit muss man höllisch aufpassen, nicht in die Tagesroutine abzurutschen und sich zu verraten. Alles lief reibungslos. Seraphim wollte lieber ein Liedchen singen als ein Verschen aufsagen. Xenia, die sonst gar nicht auf den Kopf gefallen ist, hatte eine Stoffpuppe bei sich, der sie nervös den Arm ausdrehte. Als der Niklaus sie etwas streng darauf hinwies, immer die Sicherheitsjacke zu tragen, wenn sie in den Kindergarten geht, sprang Seraphim in die Bresche: «Sie hat das nur zweimal vergessen», sagte er zur Verteidigung.
Die Geschenke waren verteilt. Ein Abschlussliedchen gesungen. Der Klaus begab sich zur nächsten Familie. Wieder in der Waschküche war ich sicher, die haben mich nicht erkannt. Um keine Zweifel aufkommen zu lassen, besuchte ich die nächstgelegene Wirtschaft, las dort beinahe die ganze NZZ und kam eine Stunde später «aus Paris« an.
Hochstimmung herrschte. Alle sassen schon um den Tisch. Selbstgebackene Gritibänzen wurden verteilt. »Der mit dem dicksten Bauch gehört dem Grosspapi». Es wurde so richtig entspannt getafelt. Da sagt die vierjährige Xenia, sie hatte ihre angeborene Unverfrorenheit wieder zurückerobert: «Der Grosspapi ist der Samichlaus!» Betretenes Schweigen in der Runde. «Und wir sind alle Prinzessinnen.» Damit wurde die entstandene Spannung gleich wieder abgebaut. Man wand sich anderen Themen zu. Als die Kinder im Bett waren, fragten wir Erwachsenen uns, woran die Kleine mich als Niklaus erkannt hatte.

Das Geheimnis wurde ein paar Tage später gelüftet. Xenia hatte mich an meine Lesebrille erkannt!

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Saint Nicolas

De toute ma vie, j’ai apprécié la fête de la Saint-Nicolas le 6 décembre.
Dans ma prime jeunesse, j’étais déjà tout excité à l’arrivée de l’évêque qui venait d’Espagne accompagné de son serviteur Piet. En Hollande, c’était le début d’une longue période festive avec des cadeaux pour tout le monde. Aux Pays-Bas, à cette époque, Noël était uniquement la célébration de la naissance du Christ. Il y avait bien l’arbre de Noël et la crèche, mais pas de cadeaux. Saint Nicolas les avait déjà distribués trois semaines auparavant. Le jour de la fête de Saint-Nicolas est toujours encore une véritable fête populaire, à laquelle les enfants tiennent une grande part.
Plus tard, en Suisse, la considération a changé. Les 5 et 6 décembre, Saint Nicolas et son compagnon le Père Fouettard vont de famille en famille, servant ainsi l’éducation et pourvoyant des cadeaux aux enfants. J’ai débuté ma carrière d’acteur de cette fête en tant que Père Fouettard. C’était mon apprentissage quant au contact avec les autres enfants. Il ne m’a pas fallu longtemps pour devenir le personnage principal, Saint Nicolas. Ce rôle devait m’accompagner toute ma vie. En tant que Saint Nicolas, j’étais devenu un personnage très demandé.
Quand ma fiancée Doris, et plus tard ma femme, enseignait à l’école de Bläsi à Bâle, elle avait besoin d’un Saint Nicolas. Bien sûr, j’étais présent. Tout le monde était satisfait de ma performance en deuxième classe primaire. Les enfants et Doris. Je disais au revoir aux enfants:„ Saint Nicolas doit continuer sa route maintenant. Son âne attend déjà dans la cour de l’école”. C’était une erreur. Tous les garçons et filles voulaient descendre dans la cour avec moi pour voir le petit âne et le caresser. Je ne me souviens plus comment Doris avait réussi à garder les enfants dans la classe jusqu’à ce que je sois parti.

Quelques années plus tard, Saint Nicolas vint rendre visite à notre famille à Bâle. Le rôle de Saint Nicolas était tenu par Willi, le parrain de Susanna et président de la clique de carnaval Rumpel. L’homme parfaitement indiqué pour cette situation. Après sa performance, nous étions tous déjà assis à table avec du café et des gâteaux, Willi vint nous rejoindre „par hasard“.Puis vint le moment de mettre Christine et Susanna au lit. Pendant qu’elle me souhaitait une bonne nuit, Susanna mentionna avec désinvolture “Saint Nicolas et parrain ont les mêmes chaussures“.
On m’a souvent recruté en tant que Saint Nicolas lors d’événements pour adultes. Il était de bon ton d’épicer la soirée par des paroles pleines d’esprit et des cadeaux inhabituels. Même qu’une fois, fougueux et impétueux, j’ai offert à un membre de notre Rotary Club un lapin vivant de mon sac.

Quand Sabine allait encore au lycée, elle m’avait convaincu d’apparaître en tant que Saint Nicolas dans sa classe. Entretemps, j’avais acquis une certaine routine et pensais avoir appris des erreurs commises. C’est ainsi que Sabine et moi-même, nous nous étions réunis déjà en novembre afin de planifier soigneusement l’événement. Nous apparaîtrions par couples. Mon frère comme Père Fouettard et moi bien sûr comme Saint Nicolas. La leçon de chimie avait été choisie comme moment opportun. C’était un bon plan. Premièrement, la chimie au lycée ne peut pas être saquée assez souvent, et deuxièmement, le professeur de chimie était un de mes anciens condisciples de l’Ecole Polytechnique. Mais nous étions quelque peu perdu de vue. Sabine avait préparé un index des écoliers très précis, et j’avais mémorisé tous les noms et pouvait de ce fait adresser chaque élève par son prénom. De plus, j’étais censé remémorer des événements spéciaux dans la vie scolaire de 8 à 10 élèves du secondaire. Cela devait être d’avant les vacances estivales. Il s’agissait de documenter la présence omnisciente de Saint Nicolas. Il fallait créer l’illusion que Saint Nicolas savait vraiment tout de tout le monde. Le 1er décembre, Sabine avait tout compilé et je suis allé à la Bibliothèque centrale rechercher et étudier la thèse d’il y a 30 ans de mon collègue Peter Strickler, le professeur de chimie.
La veille de la Saint-Nicolas, mon frère était venu à Gossau. Nous avions discuté le déroulement du spectacle. C’était mardi le 6 décembre 1983, lorsque nous sommes entrés dans la salle de chimie de Peter Strickler peu après dix heures. Nous avons immédiatement pris les devants et stoppé les cours. Stickler pris la chose sportivement et se retira sur les bancs du fond. Après une brève salutation et quelques phrases académiquement bien distillées, je scrutais le groupe avec autorité. Ma main gantée de blanc pointait sur une étudiante, je l’appelais par son nom et lui demandais de venir vers moi. Mon frère Robert s’occupait repris la partie clownesque. Il distribuait les cadeaux pimentés de paroles insolentes. C’était vraiment drôle et les enfants appréciaient le théâtre. La bonne humeur devint un étonnement général lorsque Saint Nicolas demanda, dans sa langue maternelle, à l’étudiante d’échange de Los Angeles de se manifester. Quand un garçon hollandais dut me réciter un vers néerlandais de Saint-Nicolas, le paroxysme était atteint. Le Père Fouettard et moi approchions alors le professeur avec majesté. Le Père Fouettard pris une bonne bouteille de vin rouge dans son sac, pendant que je citais quelques passages de sa propre dissertation.
Puis, nous avons dit au revoir.
Peter nous a rattrapés dans le couloir. Il était visiblement ému. C’était la première fois en vingt années d’enseignement qu’il avait reçu la visite de Saint Nicolas. Bien entendu, il m’avait immédiatement reconnu et savait aussi que Sabine avait planifié tout l’exercice.
Sabine est venue nous rejoindre un peu plus tard que d’habitude au déjeuner. Robi et moi étions à nouveau en civil. Le visage de Sabine rayonnait de joie. Ce fut une performance bien réussie. Une amie lui avait secrètement confié qu’elle croyait que Saint Nicolas qui savait tout existait vraiment.

Ma dernière apparition en tant que Saint Nicolas fut avec la famille de Sabine à Winterthur, lorsque leur fils Seraphim avait six et sa sœur Xenia quatre ans. Mon orgueil avait été piqué. Tout devait être organisé de façon à ne pas être reconnu en tant que grand-père. Un monument de mensonges avait été édifié à cet effet.  
D’abord, ce fut Brigitta qui avait sonné à la porte. Les enfants étaient déjà très excités. Aujourd’hui, Saint Nicolas arrive. Sabine avait déjà préparé la bonne ambiance. Tous deux ont couru jusqu’à la porte et n’y ont trouvé que Brigitta. “Où est grand-papa?“. „ Son avion est en retard. Il vient de Paris“. Tout le monde était habitué à cela. Grand-papa voyageait beaucoup en avion.“ Il viendra bientôt“. Bien sûr, les enfants ne savaient pas que je m’étais entretemps déshabillé jusqu’à la culotte dans la buanderie et déguisé en Saint Nicolas. Je m’étais appliqué à ne laisser aucun indice sur mon costume. Pas de montre-bracelet. Pas de chevalière. Gants blancs. Vieilles bottes. Maquillage impeccable. Faux sourcils. Fausse barbe. Le bâton d’évêque et le gros livre. Je ne me reconnaissais plus moi-même et je suis allé dans le jardin. Je fus reçu de manière solennelle par le père Dominik. Une grande chaise, voire presque un trône, était apprêté. Les adultes bien alignés en arrière-plan. Les petits, Seraphim et Xenia, étaient un peu peureux, mais dans l’expectative et admiraient la scène. La chose la plus difficile dans le déguisement de Saint Nicolas était l’intonation juste de la voix. Au début, les choses se passent généralement plutôt bien. Mais au fil du temps, il faut rester extrêmement prudent de ne pas glisser dans la routine quotidienne et de ce fait se démasquer. Tout s’était bien passé. Seraphim préféra chanter une chanson plutôt que de réciter un vers. Xenia, qui d’habitude n’était pas tombée sur sa tête, portait dans ses bras une poupée de chiffon et lui tordait nerveusement un membre. Lorsque Saint Nicolas la réprimanda de toujours porter le gilet de sécurité lorsqu’elle allait à l’école maternelle, Seraphim sauta dans la brèche: “Elle ne l’a oublié que deux fois”, a-t-il déclaré pour sa défense.
Les cadeaux furent distribués. Une chanson de clôture fut chantée. Saint Nicolas allait se rendre dans la famille suivante. De retour dans la buanderie, j’étais certain qu’ils ne me m’avaient pas reconnu. Pour ne laisser subsister aucun doute, j’allais au bistrot le plus proche, y lire presque toute la NZZ et arrivais une heure plus tard “de Paris”.
L’humeur était exaltée et tout le monde était attablé. Des petits bonhommes de pâte faits maison étaient distribués. „Celui qui a le plus gros ventre appartient à grand-papa“. La ronde était vraiment détendue. C’est alors que Xenia, quatre ans, ayant retrouvé son audace innocente, déclama: „C’est grand-papa qui est le Saint Nicolas” ! Cela jeta un coup de froid dans l’assemblée et Il régna un silence un peu gêné dans le groupe. “Et nous sommes toutes des princesses.” La tension qui avait été créée fut immédiatement détendue. L’on se tourna volontier vers d’autres sujets. Quand les enfants furent au lit, nous, les adultes, nous nous sommes demandés comment la petite fille m’avait reconnu.

Le secret fut révélé quelques jours plus tard. Xenia m’avait reconnu à cause de mes lunettes de lecture!

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