Le roi

Le client est roi. Lorsque ma mère gérait son magasin de chapellerie à Den Haag en 1933, cette règle était certainement respectée. Un roi réel règne sur son royaume. Le client règne sur la procédure d’achat. Dans ce microcosme, un rituel non écrit était strictement appliqué entre le client et le vendeur. Le client possédait l’argent. Le commerçant avait besoin de l’argent. Le client disposant d’argent comptant, il était le roi. Vu sous cet angle, le prix d’achat n’était pas une grandeur fixe. Le marchandage n’était pas limité au bazar turc, chez nous aussi on discutait les prix. L’établissement du prix jusqu’au dernier centime prenait souvent beaucoup de temps. Une fois l’accord du vendeur obtenu, le prix était fixé. Celui qui le remit en question et voulait continuer la discussion portait gravement atteinte au code de déontologie commercial. On ne le mettait plus en doute. Un chapeau coutait 7 francs et 86 centimes, payés en espèces. Le commerçant encaissait 7.80 et faisait une remise de 6 centimes au client, le roi, pour le remercier de l’achat. Il accompagna le roi jusqu’à la porte en le remerciant cordialement et le priant de revenir bientôt.
Ceci s’est passé avant la deuxième guerre mondiale. Pendant la guerre, les marchandises se faisaient plus rares. Les aliments et autres produits de consommation étaient rationnés. Les prix ne se discutaient plus. Le client était content de trouver de la marchandise. Il acceptait le régime rigide des prix fixes. S’accommodait du rétrécissement progressif de son royaume. Mais il restait une exception. C’était le marché noir florissant, établi comme deuxième canal fournisseur qui fonctionnait à merveille. Ici on marchandait jusqu’à l’extrême. Le marchand au noir était devenu le roi. Il possédait la marchandise et n’avait pas de concurrent.
Après la guerre, la caisse enregistreuse est arrivée en Europe depuis l’Amérique. Pour la première fois on recevait pour le moindre achat une quittance, un bon de caisse. Le commerce a subi une transformation fondamentale. Il devenait de jour en jour plus impersonnel. Beaucoup de paiements ne se faisaient plus au comptant, mais sur facture. En cas de paiement immédiat on réglait par chèque bancaire. Le commerce de détail se démocratisait. Le client était toujours le bienvenu. Accueilli et servi poliment. Mais désormais on se trouvait à égalité. Le client roi fut détrôné.
Arrivait alors le temps du miracle économique. La prospérité se manifestait dans toute l’Europe. L’économie s’épanouissait. De ce fait se créaient de plus en plus d’entreprises qui proposaient des produits similaires. Une concurrence solide s’établissait.
La production et le commerce ont subi une évolution fondamentale. La gestion des exploitations se perfectionnait d’année en année. Elle évoluait d’un échange de marchandise individuel vers un système de vente professionnel. IBM apparaissait sur le marché et présentait un système de facturation nouveau. La comptabilité ancienne, malcommode, recevait un habit neuf. Ainsi, beaucoup de détails, jusque-là ignorés, apparaissaient grâce à la gestion électronique. Un métier nouveau fut créé, le « controlleur ». Tout d’un coup, le fabricant découvrait par quels produits il gagnait réellement de l’argent et où il en perdait. De plus en plus de détails se présentaient. Avant, ils étaient générés manuellement par le service commercial. Ce qui réclamait beaucoup de personnel et encore plus de temps. La gestion moderne des données prenait toujours du temps pour traiter les informations. Mais ce n’était plus le temps du comptable de la société. C’est le client qui met le temps à disposition. Aujourd’hui, loin du marchandage de jadis, il se trouve dans la file devant la caisse électronique et attend. Il attend, par exemple lors de l’achat d’un manteau, que le vendeur introduise tous les détails de l’étiquette de prix dans le clavier de la caisse. Le client est récompensé par une fiche de caisse interminable. Elle contient tous les détails nécessaires à la comptabilité du magasin. Pour lui, le client, ils n’ont aucun intérêt. Ce qui l’intéresse est le prix à payer. Ce dernier se trouve aussi quelque part sur la fiche. Une fois trouvé, il paie avec une carte de crédit. Ensuite, un grand sac en plastique est remis et le client congédié avec un hochement de tête. Au suivant svp. Ils sont tous dans la file d’attente, les rois détrônés d’autrefois. Bien éduqués, ils subissent patiemment l’attente. En fait, ils contribuent au maintien d’une tenue de comptes de plus en plus rationnelle. Ensuite le client patient devient un support de publicité gratuite du magasin. Sans être payé, il exhibe son achat aux piétons dans la rue. Puisque le nom du magasin s’affiche en grandes lettres sur son sac en plastique.
Et ça continue. La rationalisation s’impose à grande échelle. Telle une maladie contagieuse, elle saisit tous les acheteurs potentiels. Puis entre en scène Internet ! Grâce à lui, le progrès énorme du commerce en ligne se réalise. Très pratique. Tout se fait à domicile.
Récemment, je voulais me renseigner si la succursale de Swisscom à Uster avait l’appareil téléphonique « Montreux » en stock. J’ai trouvé le numéro de cette succursale dans le registre du téléphone. A peine le numéro composé, une voix sympathique me répondait. « Bienvenu chez Swisscom. Si vous souhaitez passer une commande, veuillez actionner le numéro un.» Non, je ne veux que savoir ce que vous avez en stock. Imperturbable, la voix continue. « Pour des questions techniques composez le numéro deux, pour une facture le trois. » Et ainsi de suite jusqu’à six. Puis arrivait la délivrance. « Pour tout autre sujet restez en ligne. Nous vous prions de patienter. La première collaboratrice libre va vous servir le plus vite possible. » Je patientais pendant huit minutes. Alors se manifestait une voix différente, une autre dame. Ce qui permettait au moins de dialoguer. Après lui avoir exposé ma situation en quelques mots, elle me dirigeait vers le service logistique. J’écoutais à nouveau la musique folklorique entraînante. Quatre minutes plus tard j’entendais une voix d’homme. « Je voudrais savoir si la succursale d’Uster dispose de l’appareil « Montreux » dans son stock ». « Je ne sais pas » était la réponse, « sur notre écran nous n’avons que le stock global suisse. Les succursales gèrent leur stock de façon autonome ». « Ok, veuillez me passer Uster ». « Ce n’est pas possible. Les filiales ne peuvent passer uniquement des appels vers l’extérieur. Mais ne pas en recevoir. Elles sont au service des clients courants. « Comment puis-je savoir si elles ont le produit en stock ? » « Le mieux serait de vous déplacer personnellement ». « Merci. D’où appelez-vous ? Pas d’Uster, je pense ». « Non, je me trouve à Bümpliz ! » Résigné, je pose l’appareil dans son support. Globalement j’ai passé 16 minutes au téléphone et je n’ai pas avancé d’un pas. Pendant ce temps j’aurais pu me déplacer à Uster au magasin Swisscom sans me presser. Que c’étaient des temps heureux quand on pouvait téléphoner simplement d’un endroit à un autre. De ce temps-là on recevait une réponse brève à une question simple.

Je reconnais, chers lectrices et lecteurs jeunes, que vous connaissez mieux que moi ce domaine des communications. De plus, vous n’êtes pas grevés des usages commerciaux du siècle dernier. Ni des expériences anciennes, aujourd’hui inutiles. Vous avez grandi avec le téléphone mobile et l’internet. Vous savez comment on atteint son but, grâce au PC, de façon rapide et fiable. Mais, ne trouvez-vous pas aussi que ça se complique de mois en mois et perd ainsi son efficacité ? Après chaque mise à jour on est perdu devant son moniteur. Lorsqu’on s’est enfin familiarisé avec la nouvelle version, elle est renversée par la mise à jour dernier cri. Ces « améliorations » permanentes ne m’amènent, comme utilisateur courant, que des désagréments. On dirait que les ingénieurs de logiciels n’aient aucune idée réelle des besoins de l’utilisateur. Sous la feuille de vigne « économie des dépenses » ils donnent libre cours à leur passion du jeu. A nous, ensuite, de ranger la chambre d’enfants. Un autre slogan est « gain de temps ». Je n’y crois pas non plus. Si on fait un calcul sérieux. En additionnant le temps de toutes les personnes concernées par le procédé de communication, il ne reste pas un gain de temps notable. Ce ne sont que les points essentiels qui se sont décalés. Aujourd’hui, le programmateur de logiciels est le roi et le client est son vassal.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Intelligenz

Jakobus, ein guter Freund von mir, hatte einen vorbildlich erzogenen Hund. Ein Schäferhund mit Namen Rex. Rex war ein echter Kompagnon. Ein Hund, der zur Familie gehörte und sich dort sehr wohl fühlte. Als Jakobus noch lebte, erzählte er mir die nachfolgende Anekdote aus Rexens Leben.
Feierabend.
Jakobus liest die Zeitung. Rex liegt entspannt neben ihm auf der Matte. Nach einer Weile steht Rex langsam auf. Er reckt sich. Er dehnt sich und schlendert zur Türe.
Da diese an Stelle eines normalen Türgriffs einen runden Knauf hat, kann Rex den Ausgang nicht öffnen. Für ihn fehlt der Hebel, den er mit seiner Pfote hätte bedienen können. Stattdessen kratzt er leise, mit der rechten Vorderpfote an die Tür. Jakobus bemerkt es und legt die Zeitung beiseite. Er steht auf, geht zur Tür, will sie öffnen. Im selben Augenblick dreht sich Rex um. Zwei Sprünge und er sitzt auf Jakobus Lieblingssessel. Eben auch der Lieblingssessel von Rex! Obschon verboten, räkelt sich das gut erzogene Familienmitglied auf Jakobus’ Lesestuhl. Mit treuherzigem Blick schaut er zu seinem Meister hoch. Ein gutes Gewissen hat Rex nicht. Natürlich weiss er, dass er nicht auf Stühle sitzen und schon gar nicht in Betten liegen darf. Sein Platz ist auf der Matte oder im Hundekorb. Der Versuchung, auf Jakobusens Stuhl zu sitzen kann Rex nicht widerstehen. Da ist ihm jeder Trick recht, sein Ziel zu erreichen.
«Ein schlaues, intelligentes Tierchen!», werden Sie, liebe Leserin, lieber Leser, sagen. Stimmt nicht. Rex hat bloss ein bisschen Logik dazugelernt, um sich einen kleinen Vorteil zu verschaffen. Was da im Kopf von Rex abgelaufen ist ein gutes Beispiel für Künstliche Intelligenz, kurz KI.

Künstliche Intelligenz, KI, artificial intelligence; keine Zeitung, ohne dass diese Begriffe mindestens dreimal darin vorkommen Die Medien bombardieren uns täglich mit Neuigkeiten und Berichten über und mit künstlicher Intelligenz.
Wir lesen die unwahrscheinlichsten Geschichten. Geschichten von Robotern die immer selbständiger werden. In nicht allzu langer Zeit werden sie denken und handeln können wie wenn sie Menschen wären. Werden die Völker beherrschen und tyrannisieren. Lauter Geschichten die uns Angst und Bange machen sollten.
Was ist eigentlich künstliche Intelligenz wirklich? Ich stelle mir vor, dass es im Grunde nur eine Weiterentwicklung der Programmierkunst von Computern ist. Weiter nichts als die konsequente Verbesserung der digitalen Programmiertechnik.
Die Software wird immer besser. Bis anhin konnte der Ingenieur nur einen Job auf einmal programmieren. Zum Beispiel die Addition einer Reihe von Zahlen in einem Buchhaltungssystem. Oder die Suche eines bestimmten Produktes in einem Hochregellager. Ein Arbeitsgang pro Job, mehr nicht. Job ist im Fachjargon der Datenverarbeitern die Bezeichnung für eine Arbeitsaufgabe. Dank künstliche Intelligenz kann heute ein Job bei seiner Arbeit etwas dazu lernen. Ein Staubsauger-Roboter kann mehr als nur den Staub vom Boden entfernen. Er kann während er seine Arbeit erledigt lernen wo gewisse Hindernisse im Weg stehen. Diese wird er beim nächsten Durchgang umfahren. Maschinen können heute selbst dazulernen. Zurück zu Rex. Der Trick mit dem Kratzen an die Türe hat er selbst gelernt. Gelernt im Job eines gut erzogenen Hundes.
Seit dem Ende des Zweiten Weltkrieges wird die alte Handarbeit mit den verschiedensten Erfindungen vereinfacht, gar revolutioniert. Kühlschränke, Waschmaschinen, Staubsauger, elektrische Zahnbürsten, digitalen Uhren, massenhaft Autos, Fernseher und mobile Telefone schaffen eine völlig neue Arbeitswelt. Im Zuge dieses technischen Fortschritts kann ich mir vorstellen, dass auch in Zukunft, dank KI, das Leben in unserem Umfeld bequemer und weniger schweisstreibend wird. Die kommende Zeit wird weiterhin neue kreative Produkte, mit und ohne KI, hervorbringen die unserm Alltag viele Annehmlichkeiten besorgen werden.
KI ist also weiter nichts als eine logische Weiterentwicklung der Software im Fachgebiet Informatik. Künstliche Intelligenz ist eigentlich die falsche Bezeichnung dieses Vorganges. »Eigenständiges Dazulernen» kommt der Wahrheit näher. Der Ausdruck KI wurde einmal von der Forschung geschaffen. Dann von den Medien mit Liebe  aufgenommen, weil es so viel smarter tönte. Da steckt Intelligenz drin. Das gibt der Neuheit den besonderen Pfiff.
Bis jetzt war in der Entwicklung des Lebens nur der Mensch intelligent und jetzt wird es auch die Maschine. Ein Meilenstein in der Entwicklungsgeschichte? Falsch.
Was ist eigentlich Intelligenz? Wir wissen es nicht. Wir wissen es genau so wenig wie wir nicht wissen was Schwerkraft oder Elektrizität ist. Wir wissen nur, wir können diese Kräfte anwenden. Die Psychologen ziehen sich elegant aus dieser Schlinge. Sie sagen «Intelligenz ist, was der Intelligenzquotient (IQ) misst.» Vor diesem Hintergrund ist die Bezeichnung «künstliche Intelligenz» auch hier falsch. Mit Intelligenz wie wir sie verstehen, hat KI nichts zu tun. Auf den Nenner gebracht ist KI eine komplizierte mathematische Formel. Eine Formel die einen Job lernfähig macht. Das alles wischt nicht hinweg, dass uns KI im Alltag verfolgt. KI ist in jedem Munde. KI werde den Menschen, diese Krone der Schöpfung, eines Tages links überholen. Tönt gut, ist aber zurzeit äusserst unwahrscheinlich. So einfach lässt sich unser Gehirn nicht nachbauen.
Es ist schwierig das menschliche Gehirn mit einem Computer zu vergleichen. Eine Maschine, ein Roboter, kann bei einer beschränkten Aufgabenstellung so etwas tun wie denken. Er ist aber nicht in der Lage über sein Bewusstsein nachzudenken. Hier befindet sich der Limes. Hier liegt die Grenze! Das Bewusstsein macht den Menschen. Den Menschen, ein Wesen mit Gefühlen und Emotionen.
Dank KI können Computer lernen. Und zwar riesig viel. Der KI-Anteil kann, wie beim Schachcomputer, sehr gross sein. Er kann besser Schachspielen als der beste Spieler der Welt. Aber er kann nur Schachspielen, nicht Halma, nicht Go, nicht Solitaire, nicht Eile mit Weile und nicht Domino.
Wir wissen zwar nicht was Intelligenz ist. Aber wir wissen, dass der Sitz der menschlichen Intelligenz im Gehirn ist. Die Bausteine des Gehirns sind die Neuronen. Jeder von uns trägt davon zirka 20 Milliarden [2 x 1010 ] mit sich herum. Die Neuronen sind mit den Synapsen verbunden. Das ergibt ein komplexes Netzwerk. Die sich daraus ergebende, unvorstellbar grosse Zahl von Kombinationen macht unser Hirn so leistungsfähig und so langsam. Computer sind auf diesem Gebiet wesentlich schneller. Das Gehirn hat dem gegenüber ein grosser Vorteil. Es funktioniert immer noch reibungslos, selbst wenn einzelne Nervenzellen verletzt sind oder vollständig ausfallen. Der Computer wäre dann schon längst abgestürzt. Aus diesem Grunde, so glaube ich, wird es nicht so rasch gelingen, menschliches Denken nachzubauen. Tröstlich! Die uns aufgeschwatzte Angst ist unbegründet.

Betrachten wir doch einmal diesen Problemkreis in grösseren Zeitabständen. Betrachten wir sie in den Zeitspannen der Evolution des Lebens.
Dreieinhalb Milliarden Jahre – solange dauerte es – bis sich aus den ersten primitiven Urformen des Lebens Säugetiere und Menschen entwickelten. Es ging 60 Millionen Jahre bis der Mensch, vom Primaten bis heute, seine Intelligenz entwickelt hatte und sich seines eigenen Ichs bewusst wurde. Dazu noch ein weiterer Gedanke. Die ersten schriftlichen Aufzeichnungen der Menschheit datieren mit 3’000 Jahren vor Christus. Es handelt sich um Keilschrifttexte aus Mesopotamien. Die menschliche, schriftlich festgehaltene Geschichte, umfasst somit eine Epoche von 5’000 Jahren.
Der erste Mensch tauchte vor 2,5 Millionen Jahre in Afrika auf. Das ist eine Zeitspanne von 500-mal die Zeit, seit wir unsere ersten Aufzeichnungen machten. Das soll uns nur die Länge der Entwicklungsschritte der Menschheit vor Augen führen.
So gesehen wäre es vielleicht denkbar, dass sich die Programmierkunst über KI und weitere Entwicklungen so perfektioniert wird, dass ein denkender, sich selbst reproduzierender Nachfolger des Homo Sapiens entstehen könnte. Wie sich im Schöpfungsplan die Lebewesen Amöbe, Fische, Vögel, Säugetiere über eine sehr lange Zeitspanne gebildet haben, sollte es möglich sein, dass eine neue Spezies den Homo Sapiens ablösen würde. Maschinen, die sich selbst funktionsfähig kopieren, fortpflanzen könnten. Wesen die selbstbestimmend denken könnten und die etwas Ähnliches wie ein Bewusstsein hätten.

Bis es so weit wäre bräuchte es allerdings noch einen sehr grossen Zeitraum. Sicher viele Millionen Jahren. Dann allerdings könnte es sein, dass ein Gesellschaftsroboter an die Türe klopft und diese, im Gegensatz zu Rex, ohne Hilfe des Meisters, öffnen könnte.

 

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Intelligence

Mon ami Jacques possédait un chien éduqué de façon exemplaire. Un chien de berger dénommé Rex. Rex fut un authentique compagnon. Il faisait partie de la famille et y était très à l’aise. Quand Jacques était encore de ce monde, il m’a raconté l’anecdote suivante de la vie de Rex.

Fin de la journée de travail.
Jacques lit le journal. A côté de lui, Rex est couché, détendu, sur sa couverture. Après un certain temps, Rex se lève lentement. Il s’étire, puis se dirige vers la porte. Cette dernière étant équipée d’une fermeture à boule au lieu d’une poignée normale, Rex ne peut pas l’ouvrir. Le levier manque qu’il pourrait actionner avec sa patte. Au lieu de cela, il gratte à la porte doucement de sa patte droite. Jacques le remarque et pose son journal. Il se lève, se dirige vers la porte pour l’ouvrir. Au même moment, Rex se retourne. En deux sauts il s’installe sur le fauteuil préféré de Jacques. Lequel est également le fauteuil préféré de Rex! Bien que strictement interdit, ce membre bien éduqué de la famille se délasse confortablement sur la chaise de lecture de Jacques. Lève un regard naïf vers son maître. Rex n’a toutefois pas bonne conscience. Il sait très bien qu’il n’a pas le droit de s’asseoir sur les chaises ou se coucher dans les lits. Sa place est sur la couverture ou dans son panier. Mais il ne peut pas résister à la tentation de s’installer sur le fauteuil de Jacques. Alors toutes les astuces lui conviennent pour atteindre son but.
“Un petit animal futé et intelligent!” direz-vous, mes chers lectrices et lecteurs. C’est tout faux. Rex a simplement ajouté un peu de logique à son savoir pour se procurer un petit avantage. Ce qui s’est passé dans la tête de Rex est un bon exemple d’intelligence artificielle, appelée brièvement IA.
Intelligence artificielle, IA, artificial intelligence sont des termes qui apparaissent au moins trois fois dans tous les journaux. Les medias nous bombardent quotidiennement de nouvelles sur et avec l’intelligence artificielle.
Nous lisons des histoires les plus improbables. Des histoires de robots qui deviennent de plus en plus autonomes. Dans un avenir pas trop lointain ils sauront penser et agir comme les humains. Domineront et tyranniseront les peuples. Que des histoires qui devraient nous faire trembler de peur.
Qu’est-ce-que l’intelligence artificielle réellement? J’imagine que, dans le fond, ce n’est qu’un développement poussé de la technologie de programmation des ordinateurs. Rien d’autre que l’amélioration notable de la technique digitale de programmation.
Les logiciels sont de plus en plus performants. Jusqu’à présent, l’ingénieur ne pouvait programmer qu’un Job à la fois. Par exemple, l’addition d’une série de chiffres dans un système de comptabilité. Ou la recherche d’un produit défini dans un entrepôt à étagères. Une phase de travail par Job, pas plus. Dans le jargon technique du traitement de données, Job désigne une tache de travail. Grâce à l’intelligence artificielle, un Job peut aujourd’hui apprendre plus tout en travaillant. Un robot aspirateur sait faire plus qu’enlever la poussière du sol. Pendant son travail il peut apprendre où se trouvent certains obstacles. Lesquels il évitera lors du prochain passage. Désormais, les machines savent apprendre par eux-mêmes. Revenons à Rex. Il a découvert par lui-même l’astuce de gratter à la porte. Appris lors du Job d’un chien bien éduqué.
Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, les vieux travaux manuels sont simplifiés, même révolutionnés, par des inventions les plus diverses. Des réfrigérateurs, machines à laver, aspirateurs, brosses à dents électriques, montres digitales, voitures automobiles, téléviseurs et téléphones mobiles créent un monde de travail tout nouveau. Voyant ces progrès techniques, je peux m’imaginer que l’avenir nous réserve, grâce à l’IA, une vie plus confortable et moins fatigante. Les temps à venir continueront à engendrer, avec ou sans IA, des produits créatifs qui rendront notre quotidien plus agréable.
IA n’est donc rien de plus que le résultat d’une évolution plausible du logiciel dans le domaine de l’informatique. En fait, la désignation d’intelligence artificielle pour ce procédé est fausse. “Apprentissage autonome” serait plus près de la réalité. L’expression IA a été créée dans le temps par la recherche. Puis repris par les medias avec enthousiasme parce qu’elle sonne si bien. Elle contient le terme intelligence. Et procure du chic à la nouveauté.
Jusqu’à présent, l’homme fut le seul être intelligent de l’évolution de la vie sur terre et désormais la machine le devient également. Une étape importante de l’histoire de l’évolution? Faux!
Qu’est-ce-qui est l’intelligence en fait? Nous ne le savons pas. Tout comme nous ne savons pas ce qui est la pesanteur ou l’électricité. Nous savons seulement que nous pouvons utiliser ces forces. Les psychologues se tirent d’affaire avec élégance. Ils disent “L’intelligence est la grandeur mesurée par le quotient d’intelligence (QI)”. Dans ce contexte, la désignation “intelligence artificielle” est également fausse. L’intelligence comme nous l’entendons n’a rien à voir avec l’IA. Dans le fond, l’IA est une formule mathématique compliquée. Une formule qui rend un job capable d’apprendre. Tout cela n’empêche pas l’IA de nous poursuivre au quotidien. IA est dans toutes les bouches. L’IA dépasserait un jour l’homme, cette couronne de la création. Cela sonne bien mais est actuellement très improbable. Notre cerveau ne peut pas être reproduit aussi facilement.
Il est difficile de comparer le cerveau humain avec un ordinateur. En face d’une tache limitée, une machine, un robot peut agir comme s’il pensait. Mais il n’est pas capable de réfléchir à sa conscience. Ici se trouve le limès. Voici la limite! La conscience fait l’homme. L’humain, un être avec des sentiments et des émotions.
Grâce à l’IA, les ordinateurs sont capables d’apprendre. En quantités énormes. La partie de l’IA peut être très importante, comme p.ex. dans l’ordinateur du jeu d’échecs. Il en joue mieux que le meilleur joueur du monde. Mais il ne sait jouer uniquement aux échecs; ni Halma, Go, Solitaire, Hâte-toi ou Domino.
Certes, nous ne savons pas ce qui est l’intelligence. Mais nous savons que l’intelligence humaine se trouve dans le cerveau. Les composants du cerveau sont les neurones. Chacun de nous en possède environ 20 milliards [2 x 1010]. Les neurones sont reliés par les synapses. Il en résulte un réseau complexe. C’est le nombre inimaginable de combinaisons qui rend notre cerveau si performant et si lent. Dans ce domaine, les ordinateurs sont sensiblement plus rapides. Par contre, le cerveau possède un grand avantage. Il continue à fonctionner sans heurt même lorsque quelques cellules nerveuses sont abîmées ou totalement défaillantes. Dans ce cas, l’ordinateur tomberait certainement en panne. C’est la raison qui me fait penser qu’on ne pourra pas reproduire le raisonnement humain dans un futur proche. Réconfortant! La peur dont on essaie de nous convaincre n’est pas fondée.
Considérons ce sujet dans des espaces de temps plus importants. Regardons-les sous l’aspect des périodes d’évolution de la vie.
Trois milliards et demi d’années sont passés avant que les premières formes de vie originelles, les mammifères et les humains, se soient développées. Il fallait 60 millions d’années à l’humain, du primate jusqu’à aujourd’hui, pour développer son intelligence et de ressentir son moi. Une autre pensée à ce sujet. Les premières traces écrites de l’humanité datent de 3’000 ans avant Jésus-Christ. Il s’agit des Keilschrifttexte de Mésopotamie. L’histoire humaine écrite couvre donc une époque de 5’000 ans.
Le premier être humain est apparu en Afrique il y a 2.5 millions d’années. Ce qui correspond à 500 fois le laps de temps écoulé depuis que nous avons écrit les premières notes. Tout ceci pour mettre en évidence la durée des étapes de développement de l’humanité.
Vu sous cet angle il est peut-être concevable que l’art de la programmation via l’IA et autres développements sera tellement perfectionné, qu’un successeur pensant du homo sapiens, se reproduisant soi-même, pourrait se créer. Tout comme les créatures amibes, poissons, oiseaux, mammifères se sont développées pendant une période extrêmement longue, il devrait être possible qu’une nouvelle espèce remplace le homo sapiens. Des machines capables de se copier elles-mêmes. Des êtres pensants, autonomes, qui posséderaient une sorte de conscience.

Pour en arriver là, il faudrait toutefois beaucoup de temps. Certainement beaucoup de millions d’années. Mais une fois réalisé, il se pourrait qu’un robot de compagnie frappe à la porte et l’ouvre, contrairement à Rex, sans l’aide du maître.

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Präzision

Präzision

Der Salondampfer «URI» ist ein richtiger Oldtimer. Seit 1901 fährt er, majestätisch Spuren hinterlassend , auf dem Vierwaldstättersee. Alle Raddampfer, die von der Firma Sulzer hergestellt wurden, erlauben dem Passagier während der Fahrt einen Blick in den Maschinenraum. Vor ein paar Wochen leistete ich mir wieder einmal einen Ausflug von Luzern nach Flüelen. Lange stand ich im Unterdeck und beobachtete die Arbeit der Kolben und Stangen. Klassischer Maschinenbau. Blitzblank geputzt werden die Pleuelstangen von der Dampfmaschine angetrieben. Die Radschaufeln sind durch eine Scheibe abgetrennt, sichtbar. Sie erzeugen eine starke Gischt und treiben das Gefährt durchs Wasser. Die Zusammenarbeit der Kraftübertragung ist eine Pracht. Eine Sinfonie der Ingenieurkunst. Seit bald 120 Jahren funktioniert dieser Schiffsantrieb mit einer Präzision im Hundertstelbereich. Wahrhaftig ein Wunderwerk des Maschinenbaus und der helvetischen Sorgfältigkeit.
Wer an Genauigkeit und zur gleichen Zeit an die Schweiz denkt, sieht automatisch Schweizeruhren vor seinem geistigen Auge. Vor einigen Jahren hatte ich die Möglichkeit den «Mount Everest» der Uhrmacherkunst zu erklimmen. Das war in Schaffhausen bei der Uhrenfirma IWC. Dort traf ich einen Rhabilleur der die «Grande Complication» zusammenbaute. Das ist ein komplexes mechanisches Uhrwerk einer Armbanduhr. Erwiesen ein kompliziertes Gebilde, welches neben der Zeit, einen ewiger Kalender, einen Chronographen, diverse Schlagwerke, einen mechanischer Wecker mit automatischer Nachtabschaltung und ein Astrolabium beinhaltet. Letzteres ist eine astronomische Abbildung des sich drehenden Nachthimmels. Das Uhrwerk wird aus über 659 Teilen zusammenbebaut. Der Uhrmacher benötigt hierfür sechs Wochen! Kaum jemand trägt diese mechanische Präzisionsarbeit am Arm. Die Uhr kostet rund 250’000 CHF. Davon werden 50 im Jahr hergestellt und sind stets ausverkauft. Von jedem Modell wird eine limitierte Auflage von 250 Stück produziert. Es ist eben kein Gebrauchsgegenstand, eher ein Kunstwerk. Die «Grande Complication» vereint grosse Uhrmacherkunst mit der Schönheit einer vollendenden Gestaltung. Dass hier Exaktheit gefragt ist, versteht jedermann. Besonders pikant finde ich, dass man neben der Uhr die Bedienungsanleitung, ein Handbuch von 100 Seiten, für 170 Franken dazu kaufen muss.
Meine erste Bekanntschaft mit der Präzision machte ich als ich bei Hofroche als Laborant arbeitete. Auch die Dosierung der Ausgangstoffe bei der Herstellung eines neuen Moleküls bedarf einer präzisen Arbeitsweise. Das Gelingen der Synthese und die Explosion des Ansatzes wohnen sehr nahe beieinander. Uns Schweizer begegnet die Präzision auf Schritt und Tritt, sie wird uns mit der Muttermilch eingegeben. Bei der Durchsicht der Fabrikationswirtschaft in unserem Land fällt auf, dass vor allem Spezialitäten hergestellt werden, welche eine hohe Genauigkeit erfordern. Autos, Fernsehgeräte und andere Volumenprodukte werden importiert. Unsere Volkswirtschaft ist mit Besonderheiten, die sich gut exportieren lassen, gross und erfolgreich geworden.
Schon in der Primarschule wurde unserer Generation Genauigkeit eingetrichtert. Beim Schönschreiben im Aufsatzheft. Dort lag die Präzision in der vorgeschriebenen Gestaltung des Titels und dessen Unterstreichung mit dem Lineal. Kaligraphie war ein Schulfach wie Mathematik oder Französisch. Zu Hause mussten die Kleider beim Zubettgehen sauber ausgerichtet auf dem Stuhl neben dem Bett angeordnet werden. Die Schuhe, ganz präzis ausgerichtet darunter.
Die Schweiz gilt heute als eines der begehrtesten Länder der Welt. Hier leben und arbeiten zu dürfen ist ein Privileg. Diese Sonderstellung unseres Staates ist auch eine Folge des Lebensprinzips «Präzision». Wie alles im Leben, hat auch Präzision seinen Preis. Präzision ist teuer. Präzision setzt ein gutes Bildungssystem für alle voraus. Präzision macht nicht nur Freude. Es kann ganz schön belastend sein. Ihr wohnt auch eine grosse Gefahr inne. «So gut wie möglich» heisst die Versuchung bei der Entwicklung eines Produktes. Wer in diese Falle tritt, konstruiert zu viele unnötige Besonderheiten und verursacht damit unnötig hohe Herstellungskosten. Der Ausweg aus dieser Sackgasse heisst so «so gut wie nötig.» Das macht den guten Ingenieur aus, die richtige Präzision so anzuwenden, wo sie gerade nötig ist. Nicht weniger und auch nicht mehr. Eine Fertigkeit welches Können, Risikofreude und Übernahme von Verantwortung voraussetzt. Offenbar ist das in der Schweiz recht gut gelungen. Warum eigentlich? Es ist wegen der Kleinheit unseres Staates, glaube ich. Wir haben in unserem Land keinen Platz für grossflächige Fabrik- und Energieanlagen. Wir sind darauf angewiesen Produkte zu verkaufen, die wenig Gewicht haben und einen hohen Preis erzielen. Das ist ein Vorteil für den Export, auf den wir unseren Lebensstandard aufgebaut haben.
Und es geht weiter so. Die Hochblüte des Maschinenbaus ist zwar vorbei. Immer mehr Menschen verdienen ihr Brot im Dienstleistungsgewerbe. Glücklicherweise ist auch dort Präzision mit hoher Priorität gefragt. Ein Komma an einer falschen Stelle in einer Zeile eines Softwareprogramms kann das gesamte Projekt zum Absturz bringen.
Die Kleider werden heute vor dem Schlafengehen irgendwo im Zimmer liegen gelassen. Die Schüler stehen nicht mehr von ihren Sitzen auf, wenn der Lehrer das Klassenzimmer betritt. Sie leiden auch nicht mehr unter der Fuchtel des Schönschreibeunterrichts. Dafür lernen sie selbstständig zu denken und zu handeln. Der «Präzision- Virus» ist damit noch lange nicht ausgerottet. Wenn es darauf ankommt, herrscht Genauigkeit und Präzision. Das kann beim Bau und beim Programmieren von Robotern sein. Oder bei der Planung einer Weltreise. Oder beim Anlegen eines Gemüsegartens.
Genauigkeit ist gefragter denn je. Tragen wir dem Sorge. Beharren wir auf gute Arbeit, gute Qualität und zuverlässige Produkte.

So präzis wie nötig!

Wer weiss, vielleicht zieht die «URI» auch im Jahr 2119 noch ihre Kreise auf dem See. Nur sind dann die Ventile elektronisch gesteuert und mittels künstlicher Intelligenz programmiert.

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Précision

 

Le bateau à vapeur “URI” est un authentique vaisseau à l’ancienne. Depuis 1901 il navigue sur le lac des Quatre Cantons en y laissant ses traces majestueuses. Tous les bateaux à aubes fabriqués par la société Sulzer offrent au passager une vue sur la salle des machines pendant le voyage. Il y a quelques semaines, je me suis permis une nouvelle fois le plaisir d’une excursion de Lucerne à Flüelen. J’ai passé beaucoup de temps au pont inférieur à observer le travail des pistons et tiges. De l’ingénierie mécanique classique. Les bielles, impeccablement propres, sont entraînées par la machine à vapeur. Les pales sont visibles à travers une vitre de protection. Elles produisent un embrun considérable en faisant avancer le bateau. La coopération dans la transmission des forces est une vraie merveille. Une symphonie de l’art de l’ingénierie. Depuis bientôt 120 ans, cette propulsion marine fonctionne avec une précision dans le domaine du centième. Réellement un prodige de la construction mécanique et de la minutie helvétique.
Celui qui associe la notion de précision avec la Suisse, pense automatiquement aux montres suisses. Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de gravir le “Mount Everest” de l’art horloger. C’était à Schaffhouse auprès du fabricant de montres IWC. J’y ai rencontré un rhabilleur qui assemblait la “Grande Complication”. Il s’agit là d’un mouvement mécanique complexe de montre-bracelet. Un objet compliqué qui, en dehors de l’heure, possède un calendrier perpétuel, un chronographe, des sonneries diverses, un réveil mécanique avec coupure nocturne automatique et un astrolabe. Ce dernier est une image astrologique du ciel nocturne tournant. Le mouvement d’horloge est composé de 659 pièces. L’horloger y travaille pendant six semaines! Le résultat de ce travail de précision mécanique n’est guère porté au bras du propriétaire. La montre coûte environ 250’000 francs suisses. On en fabrique 50 exemplaires par an qui sont vendus en très peu de temps. Chaque modèle est produit par une série limitée de 250 pièces. Ce n’est donc pas un objet d’usage courant mais plutôt une œuvre d’art. La “Grande Complication” réunit du grand art horloger avec la beauté d’une création achevée. Tout le monde comprend que cela réclame de l’exactitude. Je trouve particulièrement piquant le fait qu’en achetant la montre, on est obligé d’acquérir également le mode d’emploi, un manuel de 100 pages à 170 francs.
Mon premier contact avec la précision date du temps où je travaillais comme laborantin chez Hoffmann-Laroche. Là aussi, le dosage des matières premières lors de la création d’une nouvelle molécule demande du travail précis. La réussite de la synthèse d’une part et le risque d’une explosion des composants d’autre part sont très proches l’un de l’autre. En tant que suisses nous rencontrons la précision à tout moment, nous l’avons absorbé avec le lait maternel. En observant l’économie de production de notre pays, on constate que nous fabriquons surtout des spécialités qui réclament beaucoup d’exactitude. Les automobiles, téléviseurs et autres produits de masse sont importés. Ce sont des particularités facilement exportables qui ont fondé la base du succès de notre économie nationale.

Dès l’école primaire, on a inculqué à notre génération l’importance de l’exactitude. La pratique de la belle écriture dans le cahier de rédaction. Ici, la précision se manifestait dans la conception du titre et son soulignement à la règle. La calligraphie fut une matière scolaire au même titre que les mathématiques ou la langue française. A la maison, les vêtements devaient être alignés proprement sur la chaise à côté du lit avant d’aller se coucher. Les chaussures en-dessous, alignés avec précision.
De nos jours, la Suisse est considérée comme un des pays les plus convoités du monde. Pouvoir y vivre et travailler est un privilège. Cette position particulière de notre état est également une conséquence du principe de vie “précision”. Comme tout dans la vie, la précision aussi a son prix. La précision est chère. La précision est conditionnée par un bon système d’éducation pour tous. La précision ne procure pas uniquement du plaisir. Elle peut peser considérablement. Elle comporte également un grand danger. “Aussi bien que possible” représente une tentation lors du développement d’un produit. Celui qui tombe dans ce piège, risque de construire trop de particularités inutiles et de créer des frais de production superflus. La sortie de cette impasse s’appelle “Aussi bien que nécessaire”. L’application de ce principe caractérise le bon ingénieur; il sait utiliser la précision adéquate au bon moment. Pas moins et pas plus. Une capacité qui nécessite le savoir, le goût du risque et la prise en charge de responsabilités. Apparemment c’est assez bien réussi en Suisse. Pourquoi en fait? Je crois que c’est imputable à la petite taille de notre état. Dans notre pays il n’y a pas les espaces nécessaires aux grandes exploitations industrielles. Nous sommes obligés de vendre des produits de poids réduits et de prix élevés. Cela favorise l’exportation, l’activité qui est la base de notre niveau de vie.

Et ça continue. En fait, l’apogée de l’industrie mécanique est passée. De plus en plus de gens gagnent leur pain dans les activités tertiaires. Heureusement, dans ce domaine aussi, la précision est très demandée. Une virgule au mauvais endroit dans une ligne d’un programme de logiciel peut faire dérailler un projet complétement.
Aujourd’hui, les vêtements traînent n’importe où dans la chambre quand on va dormir. Les élèves ne se lèvent plus lorsque le maître entre dans la salle de classe. Ils ne souffrent non plus sous la férule de la calligraphie. Par contre, ils apprennent à penser et agir de façon autonome. Mais le “virus précision” n’est pas éliminé pour autant. Quand il le faut, l’exactitude et la précision dominent. Il peut s’agir de la construction et la programmation de robots. Ou la planification d’un tour du monde. Ou la création d’un potager.
L’exactitude est plus demandée que jamais. Veillons sur elle. Insistons sur du bon travail, bonne qualité et des produits fiables.

Aussi précis que nécessaire!

Qui sait, peut-être que le vaisseau “URI” tournera encore sur le lac en 2119. Dans ce cas, les vannes seront commandées par l’électronique et programmées par l’intelligence artificielle.

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Joli texte

Joli texte, très beau, très vrai

À peine la journée commencée et … il est déjà six heures du soir.
A peine arrivé le lundi et c’est déjà vendredi.
… et le mois est déjà fini.
… et l’année est presque écoulée.
… et déjà 40, 50 ou 60 ans de nos vies sont passés.
… et on se rend compte qu’on a perdu nos parents, des amis.
Et on se rend compte qu’il est trop tard pour revenir en arrière …
Alors… Essayons malgré tout, de profiter à fond du temps qui nous reste…
N’arrêtons pas de chercher à avoir des activités qui nous plaisent…
Mettons de la couleur dans notre grisaille…
Sourions aux petites choses de la vie qui mettent du baume dans nos cœurs.
Et malgré tout, il nous faut continuer de profiter avec sérénité de ce temps qui nous reste. Essayons d’éliminer les “après” …

je le fais après …
je dirai après …
J’y penserai après …

On laisse tout pour plus tard comme si “après” était à nous.

Car ce qu’on ne comprend pas, c’est que :
après, le café se refroidit …
après, les priorités changent …
après, le charme est rompu …
après, la santé passe …
après, les enfants grandissent …
après, les parents vieillissent …
après, les promesses sont oubliées …
après, le jour devient la nuit …
après, la vie se termine …

Et après c’est souvent trop tard….
Alors… Ne laissons rien pour plus tard…

Car en attendant toujours à plus tard, nous pouvons perdre les meilleurs moments,
les meilleures expériences,
les meilleurs amis,
la meilleure famille…
Le jour est aujourd’hui… L’instant est maintenant…


Nous ne sommes plus à l’âge où nous pouvons nous permettre de reporter à
demain ce qui doit être fait tout de suite.
Alors voyons si vous aurez le temps de lire ce message et ensuite de le partager.
Ou alors vous le laisserez peut-être pour… “plus tard”…
Et vous ne le partagerez “jamais” ….

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Zeitzeichen

Die Zeit, dieses besondere Wesen, begleitet uns ein Leben lang. Wie ein Fluss fliesst sie dahin. Immer vorwärts! Ein Zurück in die Vergangenheit gibt es nicht. Was vorbei ist, ist vorbei. Seit der Mensch denken kann, will er eine Antwort auf die Frage: «Wie spät ist es?»

Wenn ich daran denke, dass vor Einführung der Eisenbahn im Rhonetal, die Mittagszeit zwischen Brig und Sitten um ca. 25 Minuten von einander abwichen. Wenn die Sonne am höchsten steht ist Mittag. In Sitten wurde deshalb fünfundzwanzig Minuten später zu Mittag gegessen als in Brig.

Steigt da nicht das Gefühl hoch, dass zur damaligen Zeit die Pünktlichkeit kaum mit dem heutigen Verständnis im genauen Umgehen mit Terminen vereinbar war? Der Stand der Sonne genügte, um die Menschen zeitlich auf dem Laufenden zu halten.

Heute, ungefähr 170 Jahre, oder 7 Generationen später, ist die Uhrzeit omnipräsent. Auf Millisekunden genau ist überall und jederzeit die gültige Zeit verfügbar. Nicht nur im Bahnhof, überall in der Öffentlichkeit besteht die Möglichkeit, über die Zeit informiert zu werden. Wir sind von Zeitmessern nur so umgeben. Im Supermarkt, beim Fotokopieren, in jedem Restaurant, beim Tierarzt; nichts wie Uhren auf Schritt und Tritt. Jeder Mann und jede Frau trägt heute mehr als nur eine Zeitanzeige auf sich. Am Smartphone, am Armband, als Schrittezähler in der Tasche, auf dem Laptop.

Wie einfach war das doch damals, als weder von Digitalisierung noch von Terminen die Rede war. Jedes Dorf und jedes grössere Quartier hatten ihre Kirche mit ihrem Turm. Damit ihre gültige Zeitanzeige. Heute sind wir nicht nur von Zeitmessern überschwemmt, sie werden auch noch mit Funk auf Genauigkeit gehalten, elektrisch angetrieben und sind fantastisch genau.

Während des Zweiten Weltkriegs war das noch nicht so. Die Turmuhr war immer die gültige Uhr für die Öffentlichkeit. Jeder erwachsene Bürger hatte darüber hinaus eine eigene, mechanische Uhr. Entweder als Taschenuhr oder als Armbanduhr. Keine Präzisionsgeräte, aber doch genau genug für den Tagesgebrauch. Pro Tag gingen sie meisten 2 – 3 Minuten vor oder nach. Es genügte nicht einfach eine Uhr zu besitzen. Diese wollte täglich gewartet, gepflegt sein. Sie musste aufgezogen werden. Das war ein wichtiges Ritual. Es fand meistens abends vor dem Schlafengehen, auf dem Bettrand sitzend, statt. War sie aufgezogen, wurde sie sorgfältig aufs Nachttischchen gelegt, bevor dort die Kerze ausgeblasen und unter die Decke gekrochen wurde. Die Uhr konnte so ihre Arbeit fortsetzen. Doch es war ein zweiter Wartungsakt von Nöten. Die Uhr musste kalibriert, gerichtet, auf die genaue Tageszeit eingestellt werden. Da kommt das Zeitzeichen ins Spiel.

Jeden Tag der selbe Kult. Die ganze Familie sitzt ab Viertel nach Zwölf im Esszimmer am Mittagstisch. Radio Beromünster strahlt lüpfige Musik aus. Alle löffeln, gemütlich plaudernd, ihre Suppe.

Präzis um halb eins ertönt aus dem Lautsprecher das Zeitzeichen. Eine Folge von zwei lange Pfeiftönen, gefolgt von drei kurzen, zum Schluss, eine Oktav höher, der Schlusspiep: Zwölf Uhr dreissig! Wie auf Befehl zücken alle Anwesende ihre Taschen- oder Armbanduhren und eichen sie auf 12:30. Ein sich täglich wiederholender Brauch, welcher unter absolutes Silentium abläuft.

Es kommt noch schlimmer!

Aus dem Empfänger meldet sich der Nachrichtensprecher: «Nach dem Zeitzeichen aus dem Observatorium von Neuenburg auf zwölf Uhr dreissig, folgen die neuesten Nachrichten der Schweizerischen Depeschenagentur».

Absolut stillschweigend und mit wachsender Konzentration werden die Meldungen entgegengenommen. Damit ja kein Wort verloren geht, wird sogar das Geklapper des Essbestecks auf ein Minimum reduziert. Nicht einmal der Wein wird während der Nachrichtensendung nachgeschenkt.

Auch ich war Opfer dieser Schweigeperiode. Mit meinen elf Jahren hörte ich zwar die Botschaften, verstand aber kein Wort davon. Wie ich diese 15 Minuten hasste. Die Wetterprognose kam zum Schluss. Kurz und bündig. «Wechselnd bewölkt, zeitweise bedeckt, ab und zu örtliche Schauer. In Gewitternähe Böen.»

Tag für Tag, werktags und sonntags waren die Nachrichten um halb eins ein Muss. Ein Gottesdienst der Genauigkeit. Bis ich mich eines samstags erdreiste, eine verfängliche Frage zu stellen:

«Tante Grety, was war nun heute die wichtigste Nachricht?»

Fast erschrocken, mit weit aufgerissenen Augen starrte sie mich vorwurfsvoll an, ohne eine Antwort zu geben.

Bei diesem ganzen schweigsamen Aufpassen, ging es offenbar gar nicht darum sich ein Bild von der Weltlage zu machen. Es ging um eine einzige sehnliche Erwartung. Die Meldung des Kriegsendes.

Die Nachrichten des SDA wurden während des Weltkrieges eingeführt. Ich hoffte fest, dass sie in Friedenszeiten wieder abgeschafft würden. Welch ein Irrtum!

Heute im tiefsten Frieden werden wir lawinenartig mit Nachrichten zugedeckt. 24 Stunden im Tag, sieben Tage die Woche.

Zwanzig Sekunden nachdem der Vulkan Sinabungin in Indonesien ausgebrochen ist, wissen wir in Europa davon. So wie der Rhein ständig Wasser aus den Bergen herbeibringt, fliesst ein ununterbrochener Nachrichtenstrom an uns vorbei. Und die Zeit ist ihr ständiger Begleiter. Mit einer Genauigkeit von Abweichungen im Nanosekundenbereich.

In der Mitte des letzten Jahrhunderts genügten uns 15 Minuten Nachrichten pro Tag und eine Ganggenauigkeit der Uhr von einigen Minuten, um den Alltag zu meistern.

Tante Grety lebt heute nicht mehr. Ich kann sie leider nicht fragen, was heute wohl die wichtigste Nachricht gewesen wäre.

 

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Signal horaire

Le temps, ce phénomène particulier, nous accompagne pendant toute la vie. Il s’écoule comme une rivière. Toujours vers l’avant! Un retour dans le passé n’existe pas. Ce qui est passé est passé. Depuis que l’humain est capable de raisonner, il cherche la réponse à la question “Quelle heure est-il?”

Cela me rappelle qu’avant l’arrivée du chemin de fer dans la vallée du Rhône, l’heure de midi différait d’environ 25 minutes entre Brigue et Sion. Il est midi quand le soleil est à sa hauteur maximale. A Sion on prenait donc le déjeuner vingt-cinq minutes plus tard qu’à Brigue.
N’avons-nous pas l’impression que dans ces temps-là la notion de ponctualité n’était pas la même que celle que nous pratiquons de nos jours? La position du soleil suffisait pour tenir les humains au courant de l’heure actuelle.
Aujourd’hui, environ 170 ans ou 5 générations plus tard, l’heure du jour est omniprésente. L’heure précise à la milliseconde près est disponible partout et à tout moment. Non seulement dans les gares, mais partout on peut s’informer sur l’heure. Nous sommes entourés d’horloges. Au supermarché, devant la photocopieuse, dans chaque restaurant, chez le vétérinaire – partout i y a des montres. Tout homme et toute femme portent de nos jours plus qu’une seule indication de l’heure. Sur le téléphone portable, au bracelet, au compteur de pas dans la poche, sur le laptop.
Combien c’était facile dans le temps, quand on ne parlait pas de digitalisation ni d’échéances. Chaque village ou quartier important avait son église avec sa tour. Et par conséquence l’heure officielle. Aujourd’hui nous ne sommes pas seulement inondés par des montres, mais elles sont entraînées électriquement et leur précision est maintenue par transmission radio et d’une exactitude fantastique.
Pendant la deuxième guerre mondiale ce n’était pas encore le cas. L’horloge de la tour fut toujours la montre officielle du public. De plus, chaque bourgeois adulte possédait sa propre montre méc- anique. Soit comme montre à gousset ou à bracelet. Pas d’appareils de précision, mais suffisamment exacts pour l’usage quotidien. La plupart étaient en avance ou en retard de 2 – 3 minutes par jour. Il ne suffisait pas de posséder simplement une montre. Elle voulait être soignée et entretenue. Il fallait la remonter. Ce fut un rituel important. Communément il avait lieu le soir avant de se coucher, assis au bord du lit. Une fois remontée, on la posait soigneusement sur la table de chevet avant d’éteindre la bougie et se glisser sous la couette. Ainsi la montre pouvait continuer son travail. Mais une deuxième intervention fut nécessaire. La montre devait être ajustée, réglée sur l’heure exacte du jour. C’est là que le signal horaire joue son rôle.
Chaque jour le même culte. A midi et quart, toute la famille est réunie autour de la table dans la salle à manger pour déjeuner. A la radio, Sottens émet de la musique entraînante. Tout le monde mange sa soupe en bavardant tranquillement.
A douze heures trente précisés, le haut-parleur émet le signal horaire. Une suite de deux sifflements longs, trois courts et finalement, une octave plus haute, le bip final: douze heures et trente minutes! Comme sur commande, tous les présents consultent leurs montres à gousset ou bracelet et l’ajustent sur 12.30. Une coutume quotidienne qui se déroule dans un silence absolu.
Mais il y a pire!
La voix du présentateur annonce par le récepteur: “A douze heures trente, après le signal horaire de l’observatoire de Neuchâtel, suivront les dernières nouvelles de l’Agence télégraphique suisse”.
Les messages sont reçus dans un silence absolu et une concentration croissante. Pour éviter la moindre perte, le bruit des couverts est réduit au minimum. Même le vin n’est pas resservi pendant le bulletin d’information.
Moi aussi j’étais victime de cette période de silence. A mon âge de onze ans j’entendais bien les messages mais n’en comprenais pas le sens. Comme je haïssais ces 15 minutes. Finalement suivirent les prévisions météo. Brèves et concises. “Nuages variables, temporairement couvert, averses locales. Des rafales en proximité d’orages.”
Jour après jour, en semaine et le dimanche, l’écoute des nouvelles fut impérative. Un culte de la précision. Jusqu’au jour où j’avais l’audace de poser une question embarrassante:

“Chère tante Grety, quelle était donc la nouvelle la plus importante aujourd’hui?”

Presque effrayée, les yeux écarquillés, elle me regardait d’un air réprobateur sans donner une réponse.
Toute cette attention silencieuse n’avait apparemment pas le but de se faire une image de la situation mondiale. Il ne s’agissait que d’un seul espoir ardent. Le message signalant la fin de la guerre.
Les nouvelles de la ATS, l’Agence Télégraphique Suisse, ont été créés pendant la guerre mondiale. J’espérais ardemment qu’elles seraient supprimées dès le retour de la paix. Quelle erreur!
Aujourd’hui, dans la paix profonde, nous sommes inondés inexorablement par des nouvelles. Pendant 24 heures par jour et 7 jours par semaine.
Lorsque le volcan Sinabungin en Indonésie fait éruption, nous le savons en Europe 20 secondes plus tard. Tel que le Rhin qui amène son eau en permanence depuis les montagnes, un courant ininterrompu de nouvelles s’écoule devant nous. Et le temps l’accompagne constamment. Avec un écart de quelques nanosecondes.
Au milieu du dernier siècle, 15 minutes de nouvelles par jour et une précision des montres de quelques minutes nous suffisaient pour maîtriser le quotidien.
Ma tante Grety n’est plus. Malheureusement je ne peux plus lui demander quelle était la nouvelle la plus importante aujourd’hui.

 

 

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Erster August

 

In etwas mehr als einer Woche werden wir den 1. August, den Bundesfeiertag, begehen. Da gehört es sich, dass neben dem Abfeuern von Raketen und dem Entzünden eines Lagerfeuers auch Ansprachen gehalten werden.
Eine Rede zum Geburtstag unseres Landes ist kein Sonntagsspaziergang.  Das habe ich 1991 in Leuk-Stadt am eigenen Leib erfahren. Mir fiel damals die Ehre zu, in meinem Burgerort die Ansprache zu halten. Es war schwierig, das feuchtfröhliche Publikum in Bann zu halten. Auch wenn die Rede kurz war, sie war sicher nicht die Beste, die ich je gehalten habe. Diese Episode kam mir kürzlich wieder in den Sinn, als mir das Manuskript einer 1. Augustansprache von Regierungsrat Gilgen in die Finger kam. Alfred Gilgen war lange Erziehungsdirektor des Kantons Zürich. Er war ein echter Staatsmann, konsequent, fadengerade, grundehrlich und stets dem Wohl des Volkes verpflichtet.
Wir kannten uns aus der Studienzeit. Seither haben sich unsere Wege immer wieder gekreuzt. Dabei sind wir uns Schritt für Schritt nähergekommen. Es entstand eine gegenseitige Achtung, welche ihren Anfang in den sechziger Jahren genommen hatte. Oft sassen wir zu dritt in der Chemiebar (so nannten wir die Kantine des Chemieinstituts)  zusammen.
Das waren Dr.med. Alfred Gilgen, wissenschaftlicher Mitarbeiter am Institut für Hygiene und Arbeitspsychologie. Noldi Deuber, Doktorand bei Gilgen und Konsemester von mir, sowie ich selbst, der an seiner Diss am chemisch-technischen Institut kochte. Bei einem Glas Coca-Cola wurde heftig diskutiert. Schon damals ist mir aufgefallen, wie messerscharf Gilgen argumentieren konnte. Ihm gelang es die kompliziertesten Zusammenhänge in verständlicher Sprache, in kürzester Zeit auf den Punkt zu bringen. Jahre später trafen wir uns wieder im Militär. Wir besuchten den gleichen Generalstabskurs in Bern und Fribourg. Als ich dann Präsident der schweizerischen Gesellschaft zur Förderung der Wirtschaft war, entstanden mit Gilgen Kontakte auf wirtschaftspolitischer Ebene. Als wir beide in Rente waren, brachen diese eher zufälligen Kontakte nicht ab. Noch vor nicht all zu langer Zeit war Alfred mehrmals bei uns in Gossau zu Gast. Meine Partnerin Brigitta war eine ehemalige Mitarbeiterin der Erziehungsdirektion. Damals war Gilgen ihr Chef. Sie war es, welche die neuen Kontakte knüpfte. So fanden die hochstehenden Diskussionen aus der Chemiebar mit Gilgen, immer Brissago rauchend, ihre Fortsetzung. Über die vielen Etappen unserer Lebenswege habe ich diesen soliden, ehrlichen Magistraten  besser und besser kennengelernt.
Fast ein Vierteljahrhundert diente er als Regierungsrat unserem Kanton und damit seinen Bewohnern. Er regierte, wenn er regierte. Oft eckte er dabei mit seiner direkten Art an. Er war nicht nur beliebt, stets aber unbeugsam. Der wahre Charakter dieses grossen Mannes kommt in einer seiner Ansprachen zum ersten August so richtig ans Licht.

Ich möchte sie Ihnen nicht vorenthalten, lieber Leserin, lieber Leser. Es folgt der ungekürzte Text der besten Rede, die je zum Geburtstag unseres Landes gehalten wurde.

Dr. Gilgen hat das Wort:

 

 

Reden am und zum 1. August sind von Politikern gar nicht so gesucht, wie viele Leute meinen. Denn alljährlich wird uns auf vielfältige Weise klargemacht, dass der Geburtstag der Schweiz nur mit schlechten Gewissen gefeiert werden dürfe. Im privaten Bereich würde es wohl keinem Menschen einfallen, einem guten Bekannten den Geburtstag zu vermiesen. Am nationalen Feiertag, der sich nicht selber wehren kann, ist das vielen offenbar ein Bedürfnis, was ich bedaure.

Es ist meiner Ansicht nach durchaus erlaubt, am 1. August zu Problemen der Tagespolitik zu reden: zur Panzerbeschaffung, zum Umweltschutz und zum Waldsterben, zur Kostenexplosion im Gesundheitswesen, zu den multinationalen Gesellschaften und zu den Höchstgeschwindigkeiten im Strassenverkehr. Ich möchte das heute bewusst nicht tun, sondern ich möchte versuchen, das Verhältnis der Bürger zu Vaterland, Gesellschaft und Staat kurz zu beleuchten. Das soll keineswegs im Sinne einer Belehrung geschehen, sondern vielmehr als ein Stück Analyse und gleichzeitig als ein Bekenntnis aus meiner ganz persönlichen Sicht. Ich möchte meine Gedanken in fünf Punkte gliedern.

Der ersten Gedanken stelle ich unter dem Titel «Ich bin ein Schweizerknabe».

Ich gestehe, dass ich ein ungebrochenes Verhältnis zu meinem Vaterland Schweiz habe. Nicht nur wegen der Schweizergeschichte und nicht nur wegen Wilhelm Tell. Meine vaterländischen Empfindungen brechen auch nicht nur auf, wenn ich fernab im Ausland unerwartet einem anderen Schweizer begegne oder wenn «wir Schweizer» an den Olympischen Spiele eine Medaille gewinnen. Das alles freut mich zwar auch, aber meine Beziehungen zur Schweiz sind ungebrochen, weil ich sie für ein Land mit funktionierenden wirtschaftlichen, sozialen und politischen Einrichtungen halte, kurz für ein Land, in dem sich gut leben lässt. Deshalb glaube ich, dass dieses Land verteidigungswürdig ist, und ich bin etwas stolz darauf und dankbar dafür, hier zu sein.

Mein zweiter Gedanke heisst: Können und Wollen.

Unser Land ist, wie die übrige Welt, recht starken Veränderungen unterworfen. Gleichzeitig ist unser Können auf unzähligen Gebieten unerhört gewachsen, und zwar so sehr, dass wir kaum mehr in der Lage sind, die Explosion an Können und Wollen zu bewältigen. Trotzdem haben wir Mühe, gemeinsame Werte und Wertmassstäbe zu finden. Wir sind beinahe ausserstande, eine Übereinstimmung zu finden in dem, was wir Schweizer gemeinsam wollen. Folgende Beispiele mögen das verdeutlichen: Ist die Ehe erstrebenswert oder ist es das freie Zusammenleben oder aber die Grossfamilie? Gibt es eine allgemein anerkannte Vorstellung davon, welches die richtige Erziehung ist? Immerhin: Unser Volk, das heisst wir, haben es so gewollt. Wir wollen eine offene Gesellschaft, eine vielschichtige, oder, um es mit einem Fremdwort zu sagen, eine pluralistische. Keiner sollte in einen sozialen Platz hinein geboren werden und immer dortbleiben müssen. Wir wollen mit dieser Offenheit auch Ansporn für jeden einzelnen geben, wollten Wohlstand für alle und glaubten, damit das Glück für alle zu sichern. Erst hinterher stellen wir fest, dass uns dabei der gemeinsame Nenner verloren gegangen ist. Vielleicht finden wir noch gemeinsame Interessen innerhalb der Berufsgruppe, des Quartiers oder der eigenen Altersklasse. Das genügt aber nicht. Wir sollten uns keinen Illusionen hingeben: Das Rad der Zeit kann nicht zurückgedreht werden, und es wird kein Zurück mehr geben zur kleinen dörflichen Idylle. Wir müssen in der täglichen Auseinandersetzung versuchen, wenigstens einige gemeinsame Ziele zu finden. Um es an einem Beispiel zu erläutern: Es genügt nicht zu sagen, wir seien für den Frieden. Wir müssen auch sagen, wie ihn zu verwirklichen gedenken. Denn um den Weg zur Sicherung des Friedens kann – wie wir wissen – sehr leicht böser Streit entstehen.

Mein dritter Gedanke lautet: Ist Geben immer seliger als Nehmen?

Es gibt viele Formen des Nehmens. Es gibt den Unverschämten, der im Staat lediglich eine gut geölte Wohlstandsmaschinerie sieht, und es gibt den Raffer, der den Staat nur als eine Milchkuh für sein Wohlergehen betrachtet. Es gibt aber auch den Nehmer, der nur sich selbst verwirklichen will. Es ist zweifellos für jedermann ein durchaus berechtigtes Anliegen, sich sein Leben so zu gestalten, wie er will. Jeder soll schliesslich nach seiner Façon glücklich werden dürfen. Zu einer lebensfähigen Gesellschaft gehört aber auch, dass jeder die berechtigten Interessen und Anliegen der anderen erkennt und berücksichtigt. Wir haben wohl früher die bedenkenlose Ein- und Unterordnung als selbstverständlich hingenommen. Heute ist es umgekehrt. Heute wird das individuelle Glück überbetont; aber sechs Millionen selbstverwirklichte Schweizer garantieren leider noch kein zufriedenes Schweizervolk. Die Frage, welches das richtige Mass an Einzel- und an Allgemeininteresse ist, kann nicht theoretisch beantwortet werden. Jeden Tag und in allen Dingen ist von uns allen neu zu entscheiden, wo die Grenze zwischen der Wahrung der eigenen Interessen und denjenigen der anderen zu ziehen ist. Das ist deshalb so schwierig, weil derjenige , der seine Interessen nicht wahrt, resigniert und verbittert, derjenige hingegen, der nur seine eigenen Interessen  vertritt, zum Egoisten wird. Beide der Resignierende und der Egoist, haben keine Zukunft.

Mein vierter Gedanke ist dieser: Nicht nur Gutes tun, auch gut denken.

Ich habe vorhin gesagt, wir müssten versuchen, in der täglichen politischen Auseinandersetzung ein Minimum an gemeinsamen Zielen und Werten zu finden. Wie soll das möglich sein? Es gibt viele Dinge, für die sich andere vehement einsetzen, an denen mir aber gar nichts liegt, die ich also keineswegs ändern möchte. In dieser Situation ist man schnell bereit, den anderen unlautere Absichten zu unterstellen. Ich rede also für Toleranz. Nicht nur für Toleranz bezüglich der freien Meinung, sondern für Toleranz in dem Sinne, dass man dem politisch oder gesellschaftlich Andersdenkenden grundsätzlich auch lautere und redliche Absichten zubilligt. Natürlich weiss ich, dass nicht alle Menschen nur lautere Absichten hegen, aber ich möchte mich täglich bemühen, davon auszugehen, dass die Motive der anderen nicht von vorneherein schlechter sind als meine eigenen. Lassen Sie mich das, was ich meine, an einem Beispiel erläutern: In der heutigen Diskussion um die Reduktion der Geschwindigkeitsgrenzen im Strassenverkehr muss derjenige, der für die Reduktion eintritt, nicht ein verblendeter Umweltschützer sein, der unsere Wirtschaft schädigen will; genau so wenig muss derjenige, für den die Beweise für die ursächlichen Zusammenhänge zwischen der Reduktion der Geschwindigkeitsgrenzen und den Waldschäden nicht genügen, nicht ein rücksichtsloser Umweltzerstörer sein. Wir sollten uns gegenseitig lautere und redliche Absichten wenigstens zubilligen. Ein bisschen mehr guten Willen von Mensch zu Mensch in diesen Belangen ist wohl mehr als die Liebe zur ganzen Menschheit.

 

Mein fünfter Gedanke lautet: Vielleicht ist Mut doch mehr als nur Angst, die man nicht zeigt.

Die Angst hat viele Gesichter. Es ist hier nicht der Ort, sie zu analysieren. Aber wir dürfen uns nichts vormachen: Angst gehört zum Leben. Für den Philosophen Martin Heidegger ist Angst ein Grundbefinden des menschlichen Daseins. Sie ist für ihn lebensnotwendig und es gilt, sie auszuhalten. Wir dürfen von der Angst reden, aber wir sollten nicht nur von der Angst reden. Wir wissen, dass die Objekte unserer Angst – sei dies die Angst vor der Zukunft, der Arbeitslosigkeit, dem Atomkrieg oder die Angst vor dem Krebs – oft nur vorgeschoben wird, um der allgemeinen Lebensangst einen konkreten Inhalt zu geben und sie so erträglicher zu machen. Wir sollten aber mit Mut und mit Vertrauen in die eigene Kraft unsere Gegenwart und unsere Zukunft an die Hand nehmen. Ich meine, wir müssen versuchen, die Angst nicht zu verdrängen, sondern sie zu überwinden.

Ich habe versucht, fünf Gedanken zu äussern über das Verhältnis des Einzelnen zum Vaterland, zur Gesellschaft und zum Staat; lassen Sie mich diese noch einmal kurz zusammenfassen:

  1. Ich bekenne mich zu unserem Land.
  2. Es ist notwendig, ein Minimum an gemeinsamen Zielen und Werten zu finden.
  3. Das Allgemeinwohl darf nicht vergessen werden vor der Verwirklichung der eigenen Wünsche.
  4. Auch den Andersdenkenden sind grundsätzlich lautere Absichten zuzubilligen.
  5. Der Angst muss mit Mut begegnet werden.                             

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Premier août

Dans un peu plus d’une semaine nous célébrerons le 1er août, la fête fédérale. Comme il se doit, il n’y aura pas seulement le lancement de fusées et l’allumage de feux de camp, mais aussi des discours.
Tenir un discours consacré à l’anniversaire de notre pays n’est pas une mince affaire. J’en ai fait l’expérience personnellement en 1991 à Loèche-ville. J’ai eu l’honneur de tenir le discours dans ma commune d’origine. Il était difficile d’obtenir l’attention de la foule bien arrosée et gaie. Même bref, ce n’était pas le meilleur discours que j’ai jamais tenu. Je me suis souvenu de cet épisode quand j’ai découvert le manuscrit d’un discours de 1er août du Conseiller d’Etat Gilgen. Alfred Gilgen fut pendant longtemps le directeur d’éducation du canton de Zürich. C’était un homme d’Etat authentique, rigoureux, droit, fondamentalement honnête et toujours engagé pour le bien-être de la société.
Nous nous connaissons depuis l’époque des études. Entre-temps nos chemins se sont souvent croisés. Ainsi rapprochés pas à pas, il se créa un respect mutuel dès les années soixante. On nous voyait fréquemment à trois dans le bar de la chimie (nom que nous avions donné à la cantine de l’Institut de chimie).
Il s’agissait du Dr. Med. Alfred Gilgen, collaborateur scientifique à l’Institut d’hygiène et de psychologie de travail. De Noldi Deuber, doctorant chez Gilgen et mon collègue d’études, ainsi que moi-même qui préparais ma dissertation à l’Institut de chimie technique. Devant un verre de Coca-Cola on discutait avec véhémence. Déjà à cette époque je remarquais la capacité de Gilgen d’argumenter clairement. Il réussissait à démêler les corrélations les plus compliquées en peu de temps et dans un langage compréhensif. Des années plus tard nous nous retrouvions au service militaire. Nous participions au même cours d’état-major général à Berne et Fribourg. Puis, ma nomination de président de l’Association suisse de développement économique créa des contacts au niveau de politique économique. Lorsque nous partions tous les deux en retraite, cette relation ne s’interrompait pas. Encore récemment Alfred nous a rendu visite à Gossau. Ma compagne Brigitta avait été employée à la direction d’éducation avec Gilgen comme supérieur. C’est elle qui arrangeait ces nouveaux contacts. Ainsi, les discussions de haut niveau au bar de la chimie trouvaient leur suite avec Gilgen, ce dernier toujours en fumant ses cigares Brissago. Pendant les nombreuses étapes de nos vies j’ai pu faire la connaissance de plus en plus approfondie de ce magistrat solide et honnête.
Pendant presque un quart de siècle il a servi notre canton et ses habitants en tant que conseil d’état. Quand il régnait, il régnait. Il choquait souvent par ses manières directes. Populaire mais toujours inflexible. Le vrai caractère de ce grand homme ressort clairement dans un de ses discours de 1er août.
Chère lectrice, cher lecteur, je ne veux pas vous en priver. Voici donc le texte intégral du meilleur discours qui n’a jamais été tenu lors de l’anniversaire de notre pays.

La parole est au Dr. Gilgen:

Les discours de 1er août ne sont pas aussi recherchés par les politiciens qu’on pourrait le croire. Tous les ans on nous fait comprendre de façons diverses que l’anniversaire de la Suisse ne devrait être fêté qu’avec mauvaise conscience. Dans le domaine privé, personne n’aurait l’idée de gâcher ainsi l’anniversaire d’un ami. Pour la fête nationale par contre, beaucoup de monde ressent apparemment ce besoin, ce que je trouve regrettable.

A mon avis il est tout à fait permis le 1er août d’évoquer des problèmes de tous les jours : l’acquisition de chars d’assaut, la protection de l’environnement, le dépérissement des forêts, l’explosion du coût des soins de santé, les sociétés multinationales et la vitesse maximale sur les routes. Je les évite aujourd’hui sciemment et j’essaierai de traiter le rapport du bourgeois avec la patrie, la société et l’état. Ce ne sera pas fait dans l’esprit d’un enseignement, mais plutôt comme une analyse et en même temps un aveu sous ma vue personnelle. Je voudrais présenter mes pensées en cinq points.

Le premier porte le titre “Je suis un garçon suisse”.

J’avoue que j’ai un rapport intact avec ma patrie, la Suisse. Non seulement à cause de l’histoire helvétique et de Guillaume Tell. Mes sensations patriotiques ne se manifestent pas seulement quand je rencontre un compatriote à l’étranger ou lorsque “nous autres suisses” gagnent une médaille aux jeux olympiques. Ces événements me font bien plaisir, mais mes relations avec la Suisse restent intactes parce que je la vois comme un pays aux institutions économiques, sociales et politiques qui fonctionnent, en bref un pays dans lequel il fait bon vivre. C’est pourquoi je pense que ce pays est digne d’être défendu, j’en suis un peu fier et reconnaissant de pouvoir y vivre.

Ma deuxième pensée s’appelle : pouvoir et vouloir.

Notre pays subit, comme le monde entier, des modifications conséquentes. En même temps, notre pouvoir a beaucoup évolué dans d’innombrables domaines, à tel point que nous avons du mal à maîtriser cette explosion de pouvoir et vouloir. Malgré cela nous éprouvons des difficultés à trouver des valeurs et leurs échelles communes. Nous sommes presque incapables de trouver un accord sur ce que nous voulons en tant que suisses. Voici quelques exemples : le mariage est-il souhaitable ou est-ce plutôt la cohabitation libre ou alors la grande famille ? Y a-t-il une image reconnue de la bonne éducation ? Tout de même: notre peuple, c’est-à-dire nous-mêmes, l’avons voulu ainsi. Nous voulons une société ouverte, multiple et pluraliste. Personne ne devrait être né dans une situation sociale donnée et être obligé d’y rester pour toujours. Par cette ouverture d’esprit nous avons voulu motiver chacun, obtenir le bien-être de tous et procurer le bonheur à tout le monde. Après coup nous constatons que nous avons perdu le dénominateur commun en cours de route. Peut-être trouvons-nous des intérêts communs dans le groupe professionnel, du quartier ou la tranche d’âge. Mais ce n’est pas suffisant. Ne nous faisons pas d’illusions: la roue du temps ne peut pas tourner vers l’arrière et il n’y aura pas de retour aux idylles campagnardes. Aux débats quotidiens, nous sommes obligés de trouver au moins quelques objectifs communs. Voici un exemple: Il ne suffit pas de dire que nous sommes pour la paix. Nous devons préciser comment nous prévoyons de la réaliser. Parce que le chemin menant à la paix peut, comme nous le savons, provoquer des altercations sérieuses.

Ma troisième pensée dit: Est-il toujours plus heureux de donner que de prendre ?

Il y a beaucoup de façons de prendre. Par’ l’effronté qui ne voit dans l’état qu’une machine à bien-être et le cupide qui considère l’état comme une vache à lait alimentant sa prospérité. Mais il y a aussi le preneur qui ne demande qu’à se réaliser soi-même. Or, tout le monde a le droit parfaitement justifié d’aménager sa vie à son goût. Finalement, chacun doit pouvoir chercher le bonheur à sa façon. Toutefois, dans une société viable il faut que chaque individu tienne compte des intérêts et besoins de son entourage. Fut un temps, nous avons accepté la classification et subordination comme allant de soi. Aujourd’hui c’est l’inverse. De nos jours, le bonheur individuel est surestimé. Mais six millions d’habitants suisses auto-réalisés ne font malheureusement pas encore un peuple suisse satisfait. A la question de savoir quelle est la quantité correcte des intérêts individuels par rapport aux intérêts communs il n’y a pas de réponse théorique. Tous les jours et à tous les sujets nous sommes obligés de décider où se trouve la limite entre nos propres intérêts et ceux des autres. Ceci est d’autant plus difficile que celui qui ne préserve pas ses intérêts se résigne et s’aigrit, alors que celui qui ne défend que ses propres intérêts deviennent égoïstes. Les deux, le démissionnaire et l’égoïste, n’ont pas d’avenir.

Voici ma quatrième pensée: Ne pas se limiter à faire le bien mais aussi à l’inclure dans nos raisonnements. J’ai dit plus haut que nous devons nous efforcer de trouver dans la vie quotidienne un minimum d’objectifs et de valeurs communs. Mais comment le réaliser ? Il y a beaucoup de sujets pour lesquels d’autres s’engagent avec véhémence et qui ne me tiennent pas à cœur, que je ne souhaite donc pas de changer. Dans cette situation on est facilement tenté de soupçonner les autres d’avoir des intentions malhonnêtes. Je défends donc la tolérance. Non seulement la tolérance quant à la libre expression, mais aussi dans le sens qu’on accorde aux dissidents politiques ou sociaux des intentions sincères et honnêtes. Je suis évidemment conscient que tous les humains n’ont pas toujours de bonnes intentions, mais je m’efforce quotidiennement de supposer que les motivations des autres ne sont à priori pas moins bonnes que les miennes. Voici un exemple pour illustrer ma pensée: Dans la discussion actuelle concernant la réduction des limites de vitesse sur les routes, celui qui la défend n’est pas obligatoirement un écologiste aveuglé qui veut nuire à notre économie. Tout comme celui auquel les preuves du rapport entre la réduction des limites de vitesse et la dégradation des forêts ne suffisent pas, n’est pas forcément un destructeur impitoyable de l’environnement. Nous devrions au moins nous accorder mutuellement des intentions pures et honnêtes. Un peu plus de bonnes intentions d’homme à homme dans ce domaine représente sans doute plus que l’amour pour toute l’humanité.

 

Ma cinquième pensée dit: Peut-être le courage est plus que de la peur qu’on ne montre pas.

La peur a beaucoup de visages. Ce n’est pas ici le lieu de les analyser. Mais ne nous berçons pas d’illusions: la peur fait partie de notre vie. D’après le philosophe Martin Heidegger la peur est une raison d’être de l’existence humaine. Elle est vitale et il faut la supporter. Nous avons le droit de parler de la peur, mais nous ne devrions pas en faire l’unique sujet de conversation. Nous savons que les sujets de notre peur –que ce soit la peur de l’avenir, du chômage, de la guerre atomique ou la peur du cancer – ne sont souvent qu’un prétexte pour donner à l’angoisse existentielle un contenu concret qui la rend plus supportable. Mais nous devrions nous occuper de notre présent et notre avenir avec du courage et de la confiance en notre propre force. Je pense que nous devons essayer de ne pas refouler la peur, mais de la surmonter.

J’ai tenté d’exprimer cinq pensées concernant le rapport de l’individu avec la patrie, la société et l’état; permettez-moi de les rappeler brièvement:

  1. Je revendique l’appartenance à notre pays.
  2. Il est nécessaire de trouver un minimum d’objectifs et de valeurs communs.
  3. Ne pas oublier le bien commun avant de réaliser ses propres désirs.
  4. Accorder des intentions honnêtes aussi aux dissidents.
  5. Opposer du courage à la peur.

 

 

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