Chauve-souris

Pendant les six premières années de ma vie, j’avais appris beaucoup de choses sur les chauves-souris par le biais de contes, bandes dessinées et récits pour enfants. En Hollande, ces animaux ne vivaient pas sous une bonne étoile. On ne leur faisait pas de cadeaux. Les souris qui virevoltaient dans la pénombre du soir apparaissaient dans les histoires comme des messagères de monstres.
Vu d’aujourd’hui, je peux le comprendre. La Hollande, pays de la culture de tulipes et des moulins à vent. Le pays qui se trouve sous le niveau de la mer et qui est protégé de la submersion par des dunes et des digues. Où les hommes assèchent les polders pour créer un espace vital. Là où les ingénieurs hydrauliciens ont développé des projets de construction ingénieux comme les Travaux du Delta en Zélande. Le pays des grands navigateurs du Moyen-Âge et des célébrités comme Rembrandt, Frans Hals, Jan Steen et van Gogh, qui ont posé des jalons dans le domaine de l’art pictural. Je peux comprendre aujourd’hui qu’au milieu de ce palmarès, la chauve-souris n’ait pas eu la popularité d’être particulièrement aimée.

Lorsque nous habitions à Loèche pendant la Seconde Guerre mondiale, c’était la première fois que je voyais in vivo ces discrètes créatures du règne animal. Je me trouvais souvent dans le clocher de l’église pour aider le sacristain à sonner les cloches. Là, elles étaient bien alignées, suspendues comme des sacs à pain et dormaient la tête en bas. Dormir la tête en bas me semblait étrange. C’est le sang qui s’accumule dans le crâne. Elles étaient une trentaine. Pour moi, elles vivaient dans un monde à l’envers. Elles dorment le jour, quand tout le monde vaque à ses occupations. Le tintement continu de l’horloge de la tour ne semble pas perturber leur sieste. La nuit, ils partent à la chasse.
A Loèche non plus, on n’entendait pas beaucoup de positif quant à ces animaux. Il s’agissait d’êtres démoniaques, diaboliques, disait-on. Satan en personne aurait les mêmes ailes que les chauves-souris. Ces animaux volants se prenaient parfois leurs griffes dans les cheveux des jeunes femmes. A Loèche, on aimait ce genre de récits superstitieux. Des histoires que les plus âgés pimentaient encore d’horreurs en tout genre. Les grands garçons s’en vantaient volontiers pour impressionner les filles et faire peur aux petits.
Le soir, à la tombée de la nuit, j’aimais observer, assis sur la terrasse, l’apparition de ces êtres vivants si particuliers. Le ciel leur appartenait, c’était évident pour moi. Leur élément était l’air et le vol. Ils zigzaguaient à grande vitesse dans les airs et se nourrissaient d’insectes en vol. Les moustiques étaient dévorés. C’est une bonne nouvelle. A chaque fois, une sangsue de moins. Après tout, ce n’étaient pas de méchantes bêtes, ces petits êtres moucheronnant. Ils ne faisaient de mal à personne. Au contraire, elles étaient très utiles en réduisant le nombre d’insectes irritants. Je trouvais que les chauves-souris étaient à tort mal considérées.

En biologie, au gymnase à Lucerne, ma sympathie pour les souris volantes s’est encore accrue. Elles sont les seuls mammifères à pouvoir voler activement. Qui l’eut cru? Elles sont aussi les plus petits de tous les mammifères. Qui l’aurait su? Il n’y a pas plus petit.
Et ce n’est pas tout! Un tiers de tous les mammifères locaux sont des chauves-souris, des roussettes ou d’autres chiroptères. Une trentaine d’espèces différentes vivent chez nous. En vol, elles s’orientent grâce à un sonar biologique. Il s’agit d’un système d’écholocation dans le domaine des ultrasons. Chaque souris a son propre radar. Elles dévorent entre 800 et 1000 insectes par vol.
Comment se fait-il que nous en sachions si peu sur cette espèce utile? Elles sont actives la nuit et dorment le jour, suspendues à une poutre, la tête en bas. Leur trajectoire de vol est très différente de celle des oiseaux. Elles se déplacent à grande vitesse, apparemment sans but avisé. Tout cela est un peu inhabituel. Les histoires occultes de vampires suceurs de sang les mettent totalement à l’écart. Et leur donnent le change.
Aujourd’hui encore, une petite chauve-souris à la recherche d’une proie apparaît dans le ciel du soir près de chez moi. Je la regarde avec bienveillance et je vole avec elle en pensée. Pour moi, elle est devenue un symbole. Un symbole de faux savoir. Pour l’ignorance, qui a été bricolée à partir d’observations erronées et qui a développé un faux savoir indécent. De la même manière qu’au Moyen-Âge, notre mère la Terre était perçue comme une plaque plane et non comme une sphère. Des faits apparents non vérifiés qui, plus on les répète, plus ils deviennent vrais.
Les chauves-souris vivent en grandes communautés. Ce sont des êtres hautement sociaux. Un tel être vivant qui, lorsque nous dormons, nous éloigne des moustiques et nous permet de faire un rêve agréable, devrait pourtant être aimé et non pas mis au ban de la société. Un animal volant qui transforme la nuit en jour. Qui se retire discrètement dans son clocher le jour. Un tel être ne peut pas être un démon. Il est grand temps d’en changer l’épilogue.

 

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Profis

Am Wochenende des ersten Mai läutete bei Timothée Monnet in Fontenais (Jura) morgens um acht Uhr das Telefon. Ein Anruf so früh an einem Samstag liess nichts Gutes ahnen. Es war die Securitas. Die Villa von Timothée wird elektronisch überwacht. Ein freundlicher Herr meldete, die Funkverbindung zur Zentrale sei unterbrochen. Und richtig. Vor dem Sicherungskasten stehend, sprang dem Hausherr der Fehler sofort ins Auge. Die Hälfte des elektrischen Netzes war ausser Betrieb. Ausgerechnet heute! Der erste Mai fiel dieses Jahr auf einen Montag. Das gab ein langes Wochenende. Bis Dienstag war frei. Was für ein Glück am Frühlingsbeginn. Viele profitierten von der günstigen Gelegenheit und waren unterwegs. Auch Laurent Gadien, der Elektriker des Dorfes. Er war mit anderen Senioren an einem Faustballturnier in Chaumont. Das vernahm Timothée von seinem Telefonbeantworter. Wunder über Wunder, zwei Stunden später hatte er den Gesuchten am Draht. Er würde einen Freund bitten vorbeizuschauen.
Veronique rief verzweifelt um Hilfe. Sie stand vor der Garage. Sie konnte das Tor nicht öffnen. Kein Strom. Kein Problem, es gibt bei Stromausfällen eine Möglichkeit, die Garage mit dem Hausschlüssel von Hand zu öffnen. Das gelang nicht. Die Mechanik war nicht zu bewegen. Seit mehr als vierzig Jahren wurde sie nie benötigt. Wahrscheinlich war alles verrostet und verklemmt. Nervosität machte sich breit. Veronique wollte für die Feiertage einkaufen. Kein Auto heisst, nichts zu essen. Albertine, die Witwe von nebenan, wollte den Briefkasten leeren‚ und war deshalb zugegen. Sie stellte sofort ihr Auto zur Verfügung. Ihr Garagentor stiegt leise knarrend in die Höhe. Der Nachschub war gesichert. Langsam dämmerte es allen Beteiligten. Die Lage war ernst. Kein Strom, keine Heizung, kein warmes Wasser. Kalt duschen war sehr unerwünscht. Auch der PC war stumm. Kein Internet.
Um zwei Uhr nachmittags war Jules Luissier da. Der Pikettdienst der Heizungsfirma Viessmann funktionierte vorbildlich und zuverlässig. Sein Monteur war ein Profi von altem Schrot und Korn. Er beruhigte Veronique. Sie brauche sich keine Sorgen zu machen. Kalt duschen stünde nicht im Programm. Luissier verstand sein Geschäft. Eine Stunde später brummte die Heizung wie gewohnt.
Timothée hatte inzwischen mit einem langen Verlängerungskabel den PC mit Strom aus einer anderen Steckdose wieder zum Laufen gebracht.
Der Alltag war so weit hergestellt. Der Kochherd, der Backofen und der Kühlschrank waren am anderen Teil der Stromversorgung angeschlossen und hatten stets funktioniert. Das Mittagessen konnte aufgetragen werden. Trotzdem lag immer noch eine düstere Stimmung in der Luft. Die Garagen blieben zu. Nichts zu machen. Die Mobilität war damit sehr eingeschränkt. Inzwischen wurde es auch Timothée bewusst, was es bedeutet, über keine Elektrizität zu verfügen. Keinen Strom zu haben. Es besteht ein Unterschied, davon in der Zeitung zu lesen oder es in Wirklichkeit – live – zu erleben.
Am Telefon meldete sich der Stromerkollege von Laurent Gadien. Er sei mit seinem Auto in der Nähe, fände aber die Adresse nicht. Timothée spielte den GPS und lotste ihn ins Quartier. Es war schon fünf Uhr. Gérard Legeret hiess der Ersatzelektriker, ein erfahrener Monteur, so um die fünfzig. Interessiert schaute der Hausherr ihm bei der Arbeit zu. Auch er ein Profi. Er stand in der Waschküche, folgte dem Kabel und landete in der Heizung. Der Wasserboiler war schon auf 70° C angestiegen. «Wohin führt dieses Kabel?» «In die Sauna.» Im Freien brannte die Gartenbeleuchtung. Schon wieder etwas, das funktioniert. Auch die Pumpe zum Schwimmbad tat ihre Arbeit. Legeret öffnete die Dosen in der Sauna. «Es muss die Sonnenstore sein.» Sprachs, kletterte auf einen Gartenstuhl, rüttelte an einem Verbindungsstecker, und ein Wasserschwall spritzte ihm ins Gesicht. Vom Freitag auf den Samstag hatte es heftig geregnet. Das hat dem Kabel und dem Stecker nicht gutgetan.
Timothée eilte hinunter zu den Garagen. Wie wenn nichts gewesen wäre, hoben sich die Tore. «Ausser der Store ist alles wieder betriebsbereit.» Er werde neue Stecker besorgen und am Mittwoch wieder vorbeikommen.
Am besagten Tag stand Gérard während zwanzig Minuten auf der Leiter und tat seine Arbeit. Timothée gesellte sich zu ihm und sah ihm dabei zu. Da war wirklich ein Fachmann am Werk. Jeder Handgriff sass.
Der Hausherr erlebte den Unterschied zwischen eine Realität ohne Strom und der Wirklichkeit wie Profis ein solches Problem aus der Welt schaffen können.
Wie gut funktioniert doch unsere Umgebung in Notsituationen. Es gibt die gute Nachbarin. Es gibt den guten Servicedienst der Heizungsfirma. Es gibt den guten Elektriker, der, auch wenn er Freizeit hat, eine Aushilfe organisiert und diese das Problem löst. Alles Profis.

Und es schadet nichts zu erleben, wie ein Stromausfall das ganze Leben auf den Kopf stellen kann.

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Professionnels

Le week-end du premier mai, à huit heures du matin, le téléphone de Timothée Monnet à Fontenais (Jura) a sonné à l’improviste. Un appel aussi tôt un samedi ne laissait présager rien de bon. Il s’agissait de Securitas. En effet, la villa de Timothée est placée sous surveillance électronique. Un aimable monsieur annonça que la liaison radio avec la centrale était interrompue. Et c’était parfaitement exact. Se tenant droit devant la boîte à fusibles, l’erreur a immédiatement sauté aux yeux du maître de maison. La moitié du réseau électrique était hors service. Et ce, ce jourd’hui, vraiment! Cette année, le premier mai tombe un lundi. Cela résultait donc en un long week-end. Congé jusqu’à mardi. Quelle chance en ce début de printemps. Nombreux sont ceux qui ont profité de cette agréable occasion pour se déplacer. Même Laurent Gadien, l’électricien du village. Il était avec d’autres seniors à un tournoi de Fistball à Chaumont. C’est ce que Timothée a saisi de son répondeur téléphonique. Miracle sur miracle, deux heures plus tard, il avait la personne recherchée au bout du fil. Il demanderait à un ami de passer.
Véronique appelait désespérément à l’aide. Elle se tenait devant le garage. Pas moyen d’ouvrir la porte. Pas de courant. Pas de problème, en cas de panne de courant, il existe un moyen d’ouvrir le garage manuellement avec la clé de la maison. Cela n’a pas réussi. La mécanique ne pouvait pas être déplacée. Depuis plus de quarante ans, elle n’avait jamais été utilisée. Tout était probablement rouillé et bloqué. La nervosité s’installait. Véronique voulait faire des courses pour les fêtes. Pas de voiture signifie, rien à manger. Albertine, la veuve d’à côté, était en train de vider sa boîte aux lettres et était donc présente. Elle a immédiatement mis sa voiture à disposition. La porte de son garage s’est levée en grinçant doucement. Le ravitaillement était assuré. Tous les participants commençaient à réaliser. La situation était grave. Pas d’électricité, pas de chauffage, pas d’eau chaude. Les douches froides étaient plutôt malvenues. Même l’ordinateur restait muet. Pas d’internet.
A deux heures de l’après-midi, Jules Luissier était là. Le service de piquet de l’entreprise de chauffage Viessmann a fonctionné de manière exemplaire et fiable. Son monteur était un professionnel de la vieille école. Il rassura Véronique. Elle n’avait pas à s’inquiéter. Les douches froides ne sont pas prévues au programme. Luissier connaissait son affaire. Une heure plus tard, le chauffage ronronnait comme d’habitude.
Entre-temps, Timothée avait utilisé une longue rallonge pour remettre le PC en marche en le branchant sur une autre prise électrique.
La vie quotidienne était ainsi rétablie. La cuisinière, le four et le réfrigérateur étaient branchés sur l’autre partie de l’alimentation électrique et avaient toujours fonctionné. Le déjeuner pouvait être servi. Malgré tout, il y avait encore une atmosphère sombre dans l’air. Les garages restaient fermés. Rien à faire. La mobilité était donc très limitée. Entre-temps, Timothée a également pris conscience de ce que cela signifiait de ne pas avoir d’électricité. Pas du tout d’électricité. Il y a une différence entre le lire dans le journal et le vivre en direct.
Au téléphone, le collègue électricien de Laurent Gadien s’est manifesté. Il était dans les environs avec sa voiture, mais ne trouvait pas l’adresse. Timothée a joué au GPS et l’a guidé jusqu’au quartier. Il était déjà cinq heures. L’électricien de remplacement s’appelait Gérard Legeret, un monteur expérimenté d’une cinquantaine d’années. Le maître de maison le regardait travailler avec intérêt. Lui aussi était un professionnel. Il se tenait dans la buanderie, suivait le câble et se retrouvait dans le chauffage. Le chauffe-eau était déjà monté à 70°. “Où va ce câble ?” “Dans la sauna”. A l’extérieur, l’éclairage du jardin était allumé. Encore un truc qui marche. La pompe menant à la piscine faisait également son travail. Légeret a ouvert les boîtes de fusibles dans la sauna. “Ce doit être le store solaire”. Aussitôt dit, aussitôt fait, il grimpa sur une chaise de jardin, secoua une fiche de connexion, et une giclée d’eau lui éclaboussa le visage. Il avait plu abondamment du vendredi au samedi. Cela n’avait pas arrangé ni le câble, ni la fiche.
Timothée se déplaça vers le garage. Comme si de rien n’était, les portes se levèrent. “À part le store, tout est à nouveau opérationnel”. Il irait chercher de nouvelles prises et repasserait mercredi.
Le jour dit, Gérard est resté vingt minutes sur l’échelle à faire son travail. Timothée l’a rejoint et l’a regardé faire. C’était un vrai professionnel qui travaillait là. Chaque geste était parfait.
Le maître de maison a ainsi pu constater la différence entre une réalité sans électricité et la façon dont les professionnels peuvent résoudre un tel problème.
Comme notre environnement fonctionne bien dans ces situations d’urgence. Il y a le bon voisin. Il y a le bon service après-vente de l’entreprise de chauffage. Il y a le bon électricien qui, même s’il a du temps libre, organise une aide et celle-ci résout le problème. Ce sont tous des professionnels.
Et cela ne fait pas de mal de voir comment une panne de courant peut bouleverser toute une existence.

 

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Alchemie

Fällt ihnen liebe Leserin, lieber Leser bei diesem Titel ein düsteres Kellergeschoss ein, in dem ein paar obskur gekleidete Männer vor einer kochenden Brühe sitzen? Tiefstes dunkles Mittelalter? Die Kerle versuchen, aus Blei Gold zu machen. Alchemie hat einen Anstrich von Okkultismus.
Immerhin, alle grosse Kulturen, die Ägypter, die Chinesen, die Araber, die Juden, die Griechen und auch die Christen betrieben antike Chemie. Sie alle versuchten herauszufinden, was die Welt in Innersten zusammenhält.

Viele Metalle kommen in der Natur gediegen, elementar, rein und in ungebundener Form vor. Besonders geeignet, fanden die Alchemisten, seien Blei, Quecksilber und Gold. Sie liessen sich wegen ihres tiefen Schmelzpunktes einfach über einem Holzfeuer verflüssigen. Blei war der Favorit bei diesen Untersuchungen. Tagelang wurde es gekocht. Als es wieder erstarrt war, befand sich unten im Schmelztiegel etwas Gold. «Ich kann aus Blei Gold machen. Ich muss das Blei nur lange genug in der Hitze flüssig halten», ging es dem Priester durch den Kopf. In Europa waren die meisten Alchemisten katholische Patres und pröbelten hinter verschlossenen Türen des Klosters. Es ging den Klerikern nicht in erster Linie um die Herstellung von Gold. Sie wollten ihre Kenntnisse der Heilmittel, der Kräuter und Blumen erweitern. Die Techniken der Alchemie sollten ihnen helfen, ein viel grösseres Ziel zu erreichen: das Universalheilmittel. Eine Medizin, die alle Krankheiten für immer heilt. Bei diesen Versuchen der Transformation stiessen auch sie auf Gold.
Was geschah wirklich bei dieser Bleikocherei? Was die Mönche nicht wussten, gediegenes Blei war nie ganz rein. Ein winziger Teil war Goldstaub. Beim Erhitzen von Blei gingen beide Metalle in die flüssige Form über. Gold ist spezifisch schwerer als Blei und sank somit auf den Boden des Tiegels. Den Alchemisten war es gelungen, Blei zu reinigen. Reines Blei und reines Gold lagen getrennt vor. Von einer Umwandlung von Blei in Gold konnte keine Rede sein. In ihrer Zeit sahen die Experimentatoren das anders. Lange wurde Blei wochenlang ohne Unterbruch weiter gekocht.

Dann verwandelte sich das Weltbild.
Die Kirchenspaltung, die Theorie des heliozentrischen Weltbilds machten die Runde. Die Erde war nicht mehr der Mittelpunkt allen Geschehens. Ein seit Jahrtausenden geltender alter Glaube zerbrach. Die Aufklärung, die Renaissance, das 18. und 19. Jahrhundert veränderte die Gesellschaft von Grund auf. Kopernikus, Newton und Kant läuteten eine neue Zeit ein. Das theoretische Wissen der Natur des Mittelalters wurde total neu geschrieben, durch eine naturwissenschaftliche Revolution ersetzt. Die Wirtschaft, die Gesellschaft, die Staatsführung, die Kunst und die Kultur erlebten einen Umwandlungsprozess. Warum sollte in dieser Sozietät nicht auch Blei zu Gold gemacht werden können?

Die Menschen lernten Schreiben und Rechnen. Heute ist es kaum verständlich, wie gross der Widerstand der gebildeten Elite gegen die Strömungen der Moderne war. Im Gymnasium wurde immer noch Altgriechisch und Latein studiert. An den Universitäten gab es neben der Philosophie nur noch drei weitere Fakultäten, Theologie, Medizin und Jurisprudenz.
Die Naturwissenschaften fristeten ein Schattendasein innerhalb der Philosophie. Sie blieben ein Betätigungsfeld von privaten neugierigen Einzelgängern. Lavoisier, ein Experimentator der ersten Stunde, musste sich bei seinen Arbeiten privat finanzieren. In dieser liberalen Welt nahm die Zahl der Forscher und der Erfindungen zu. Der Okkultismus der Alchemisten, der Stein der Weisen, die Herstellung von Gold, der Glaube an Wunder wurden von der neuen Generation von Forschern als suspekt abgewiesen. Sie begannen zu beobachten, zu experimentieren. Die Versuche mussten sich wiederholen lassen. Aus ihnen wurden Naturgesetze abgeleitet. So kam es zu brauchbaren Erfindungen. Das Handwerk der Physiker und Chemiker hatte das Tasten im ungewissen Dunkeln der Alchemie abgelöst. Industrien waren im Kommen.

Ganz unbrauchbar war der Nachlass der Alchemie nicht. Sie hatten ihr Wissen im «Grossen Werk» im «Opus magnum» hinterlassen. Für nicht Eingeweihte ein unentwirrbares Gemisch von unterschiedlichsten Anweisungen und Erfahrungen. Unlesbar.
Carl Gustav Jung, der Mitbegründer der Psychoanalyse, unternahm die Herkulesarbeit, das Wissen des Opus magnum herauszuschälen. Bei dieser Arbeit tauchte er immer tiefer in die Essenz der Welt der Alchemisten ein. Jung erkannte einen inneren Zusammenhang zwischen dem, was er erforschte und dem Ziel, hinter dem die Alchemisten her waren. Im Grunde waren die Träume und die Visionen, die diese Tüftler im Mittelalter hatten, genau die gleichen, welche seine Patienten hatten. Das war die Erkenntnis eines grossen Genies.
Jung begann, sein alchemisches Wissen für seine tiefenpsychologische Arbeit anzuwenden. Bei seiner Arbeit in seiner Praxis brachten seine mittelalterlichen Kenntnisse therapeutischen Erfolg. Er publizierte seine Erfahrungen am Ende des 20. Jahrhunderts.

Da stellt sich die Frage, gibt es heute noch Menschen mit einer alchemische Vita? Menschen, die mit ihren Ideen im Dunkeln tappen. Menschen, die instinktiv nach dem Unmöglichen suchen. Gibt es heute moderne Alchemisten?
Sind es jene, die wissen wollen, was vor dem Urknall war? Sind es jene, die mehr über das Leben auf dem Planeten wissen möchten? Sind es die Adepten von Albert Einstein, die sich mit der Raumzeit und den Higgs Teilchen herumschlagen? Oder sind es namenlose Unbekannte, die nach der Suche von Fremdem ihren Weg suchen?

Ein interessanter Gedanke, finden Sie nicht auch, liebe Leserin, lieber Leser? Geben Sie mir weitere 200 Jahre, dann sehen wir weiter.

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Alchimie

Ce titre ne vous évoque-t-il pas, chère lectrice, cher lecteur, un sous-sol lugubre dans lequel des individus vêtus de noir sont assis autour d’un chaudron gargouillant? Le Moyen Âge sombrissime? Des types essaient de transformer du plomb en or. L’alchimie a des relents d’occultisme.
Après tout, toutes les grandes civilisations, les Égyptiens, les Chinois, les Arabes, les Juifs, les Grecs et même les chrétiens pratiquaient la chimie antique. Ils ont tous essayé de découvrir ce qui fait la cohésion du monde.

De nombreux métaux sont présents dans la nature à l’état natif, élémentaire, pur et non lié. Les alchimistes trouvaient que le plomb, le mercure et l’or étaient particulièrement appropriés. En raison de leur point de fusion bas, ils pouvaient être facilement liquéfiés sur un feu de bois. Le plomb était le favori de ces recherches. Il a été cuit et recuit pendant des jours. Lorsqu’il s’est à nouveau solidifié, il y avait un peu d’or au fond du creuset. “Je peux transformer le plomb en or. Il suffit que je garde le plomb liquide assez longtemps dans la chaleur”, se disait le prêtre. En Europe, la plupart des alchimistes étaient des pères catholiques, qui travaillaient derrière les portes closes de leur monastère. Les clercs ne cherchaient pas en premier lieu à fabriquer de l’or. Ils voulaient élargir leurs connaissances des remèdes, des herbes et des fleurs. Les techniques de l’alchimie devaient les aider à atteindre un objectif bien plus grand: le remède universel. Un médicament qui guérirait toutes les maladies pour toujours. Lors de ces tentatives de transformation, ils ont également rencontré l’or.
Que s’est-il réellement passé lors de cette cuisson au plomb? Ce que les moines ne savaient pas, c’est que le plomb raffiné n’était jamais totalement pur. Une infime partie était de la poussière d’or. Lorsque le plomb était chauffé, les deux métaux passaient à l’état liquide. L’or étant spécifiquement plus lourd que le plomb, il tombait au fond du creuset. Les alchimistes avaient réussi à purifier le plomb. Le plomb pur et l’or pur étaient séparés. Il ne pouvait pas être question d’une transformation du plomb en or. De leur temps, les expérimentateurs voyaient les choses différemment. Pendant longtemps, le plomb a continué à être cuit pendant des semaines sans interruption.

Puis la vision du monde s’est transformée.
Le schisme de l’Eglise, la théorie de la vision héliocentrique du monde ont fait leur apparition. La Terre n’était plus le centre de tous les événements. Une croyance ancienne en vigueur depuis des millénaires s’est effondrée. Le siècle des Lumières, la Renaissance, les 18e et 19e siècles changèrent la société de fond en comble. Copernic, Newton et Kant ont inauguré une nouvelle ère. Le savoir théorique de la nature du Moyen-Âge a été totalement réécrit, remplacé par une révolution scientifique. L’économie, la société, la gouvernance, l’art et la culture ont connu un processus de transformation. Pourquoi le plomb ne pourrait-il pas être transformé en or dans cette société ?
Les gens ont appris à écrire et à calculer. Aujourd’hui, il est difficile de comprendre à quel point la résistance de l’élite cultivée aux courants de la modernité était grande. Au lycée, on étudiait encore le grec ancien et le latin. Dans les universités, il n’y avait que trois facultés en plus de la philosophie: la théologie, la médecine et la jurisprudence.
Les sciences naturelles étaient reléguées au second plan au sein de la philosophie. Elles restaient un champ d’activité pour des particuliers curieux et solitaires. Lavoisier, un expérimentateur de la première heure, devait financer ses travaux à titre privé. Dans ce monde libéral, le nombre de chercheurs et d’inventions augmentait. L’occultisme des alchimistes, la pierre philosophale, la fabrication de l’or, la croyance aux miracles furent rejetés comme suspects par la nouvelle génération de chercheurs. Ils se mirent à observer, à expérimenter. Les expériences devaient pouvoir être répétées. Des lois naturelles en ont été déduites. C’est ainsi que des inventions utilisables ont vu le jour. L’artisanat des physiciens et des chimistes avait remplacé le tâtonnement dans l’obscurité incertaine de l’alchimie. Les industries étaient en plein essor.

L’héritage de l’alchimie n’était pas totalement inutilisable. Ils avaient laissé leur savoir dans le “Grand Œuvre”, dans l'”Opus magnum”. Pour les non-initiés, un mélange inextricable d’instructions et d’expériences les plus diverses. Illisible, en somme.

Carl Gustav Jung, le cofondateur de la psychanalyse, a entrepris le travail herculéen d’extraire le savoir de l’Opus magnum. Au cours de ce travail, il s’est plongé de plus en plus profondément dans l’essence du monde des alchimistes. Jung reconnut un lien interne entre ce qu’il étudiait et l’objectif que poursuivaient les alchimistes. Au fond, les rêves et les visions que ces inventeurs du Moyen Âge avaient, étaient exactement les mêmes que ceux de ses patients. C’était la prise de conscience d’un grand génie.
Jung a commencé à appliquer ses connaissances alchimiques à son travail de psychologie des profondeurs. Lorsqu’il travaillait dans son cabinet, ses connaissances médiévales lui apportaient un succès thérapeutique. Il a publié ses expériences à la fin du 20e siècle.
La question se pose alors: existe-t-il encore aujourd’hui des personnes avec un vécu alchimique? Des personnes dont les idées restent dans l’ombre. Des gens qui cherchent instinctivement l’impossible. Existe-t-il aujourd’hui des alchimistes modernes?
Sont-ils ceux qui veulent savoir ce qui s’est passé avant le big bang? Est-ce que ce sont ceux qui veulent en savoir plus sur la vie sur la planète? Est-ce que ce sont les adeptes d’Albert Einstein qui se battent avec l’espace-temps et les particules de Higgs? Ou est-ce que ce sont des inconnus sans nom qui cherchent leur chemin après avoir cherché ce qui leur est étranger?

Une idée intéressante, ne pensez-vous pas, chère lectrice, cher lecteur? Donnez-moi encore 200 ans, et nous verrons bien.

 

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Telefonkabine

Im Helvetiagarten in Luzern stand eine der ersten Telefonzellen der Stadt. Sie stand etwa 400 Meter von unserer Wohnung entfernt. Das war 1948. Zu der Zeit war telefonieren ein teures Unterfangen. Eine Verbindung nach Genf kostete für drei Minuten, in heutigem Währungswert umgerechnet, zwölf Franken. Damit war das Telefon nichts für Kinder! Auch Lokalgespräche waren für uns Jungen nicht erlaubt. Sie kosteten für drei Minuten einen Franken. Da blieb uns nur die Kabine Helvetiagarten, am Bundesplatz.
Auf einem Quadratmeter Bodenfläche stand dort ein Häuschen mit lauter Glaswänden. Darin waren der Telefonapparat und das Tischchen mit den Telefonbüchern angebracht. Zusammen mit dem telefonierenden Bürger ward die Kabine ausgestopft voll. Beim Automaten muss man sich einen gusseiseren Kasten in der Grösse eines Backofens vorstellen. Der Telefonhörer war mit einem Metallschlauch, wie man ihn heute von der Duschebrause her kennt, verbunden. Darin befand sich, vandalensicher eingepackt das eigentliche Telefonkabel. Alles war wetterfest und robust konstruiert.
Wer telefonieren wollte, brauchte Kleingeld. Das Gerät akzeptierte nur Münz. Zehnrappen-, Zwanzigrappenstück und ein halber Franken. Für den Betrag von 30 Rappen konnte man drei Minuten telefonieren. Nachzahlen für ein längeres Gespräch war nicht möglich. Wenig geeignet für einen längeren Schwatz mit einer Freundin.
Zu der Zeit hatten nur wenige Haushalten einen eigenen Telefonanschluss. Es gab nur das, heute würde man sagen, Festnetz der PTT. Swisscom war lange nicht geboren. Ein Freund von mir der bei der NZZ arbeitete erklärte mir, wie die interne Telefonliste der wichtigsten Mitarbeiter aussah. Jene die zuhause einen eigenen Anschluss hatten waren in Rot aufgeführt. Die anderen in schwarz. Das waren die meisten. Es war dort die Nummer des Nachbarn aufgeführt. Dieser holte die gesuchte Person im Nachbarhaus an seinen Fernsprecher. Die Verbindung war hergestellt.
Die Telefonkabinen wurden gebaut, weil die Zahl der Festnetzabonnenten so gering war. Sie sollten Jedermann für Notfälle zur Verfügung stehen. Fünfzig Rappen in den Schlitz und mit Nr.14 war die Polizei da. Nr. 15 für die Feuerwehr. Nr. 12 für das Kantonsspital. Für die bürgerlichen Anschlüsse gab es sechsstellige Nummern. Die Dienstnummern waren zweistellig. Für diese Gespräche wurden keine Gebühren erhoben. Der Apparat gab beim Aufhängen des Hörers den Fünfziger zurück.
Für uns war die Nr. 16 von Interesse, die genaue Zeit. «Fünfzehn Uhr, elf Minuten und vierzig Sekunden – top.» Alle zwanzig Sekunden betete eine blecherne Stimme die Zeit herunter. Wir konnten täglich unsere Armbanduhren nachstellen. Das erst noch gratis. Besonders gefragt war die Nummer elf, die Auskunft. Sie war ein Relikt der ehemaligen, von jungen Damen bedienten Telefonzentralen. Ganz am Anfang der Telefoniererei wurde jede Verbindung von Telefonfräuleins geschaltet. Die Auskunft war das einzige menschliche Überbleibsel in diese neue automatisierte Zeit. Die Auskunft sollte helfen eine Telefonnummer zu finden. Sie gab auch über allerlei andere Fragen Bescheid. «Welches Tram fährt zum Friedhof?» «Wo gibt es ein Fotogeschäft?» oder «Wie heisst die Hauptstadt von Pakistan?» Auf alle diese Fragen gab die Auskunft eine Antwort. Wir Jungen kamen uns besonders originell vor, indem wir ausgefallene, alberne Fragen stellten. «Fräulein, ist das Zebra ein weisses Pferd mit schwarzen Streifen, oder ein schwarzes Pferd mit weissen Streifen?» Wie aus der Pistole geschossen kam die Antwort: « Ein weisses Pferd mit schwarzen Streifen.“ Offenbar waren wir nicht die Einzigen, die mit der Auskunft Ulk betrieben.
Die Telefonzellen wurden immer mehr den Bedürfnissen der Zeit angepasst. Man konnte längere Unterhaltungen führen. Nachzahlen wurde möglich. Vorausgesetzt genügend Münz befand sich in Griffnähe. Sogar ins Ausland konnte man aus der Kabine kabeln. Obschon die Gebühren immer günstiger wurden, war ein Telefonat ins Ausland immer noch eine Investition, einen Luxus. Es begab sich, dass während der Studienzeit eine der sechs Sprechzellen am Bellevue in Zürich defekt war. Defekt, und was selten vorkommt, ein Fehler der sich zu Gunsten des Benutzers auswirkte. An diesem und nur an diesem Automaten konnte man für einen halben Franken zeitlich unbegrenzt ins Ausland telefonieren. Für die vielen ausländischen Studis ein gefundenes Fressen. Diese versuchten diese preisgünstige Maschine geheim zu halten. Was natürlich nicht gelang. Nach einem halben Jahr hatte die PTT davon Wind bekommen. Der Geldsegen wurde abgebrochen.
Telefonieren wurde immer wichtiger und immer günstiger. Lokalgespräche kosteten zwar immer noch dreissig Rappen. Waren aber zeitlich nicht mehr begrenzt. Was zur Folge hatte, dass Teenager während Stunden den Telefonanschluss der Familie mit Ferngeschwätz blockierten.
In Geschäftsleben war telefonieren existenziell. Vieles was vor ein paar Dekaden noch mit der Briefpost erledigt werden musste, konnte jetzt telefonisch vereinbart werden. Bestellungen wurden per Fernsprecher aufgegeben, Angebote wurden besprochen, Termine vereinbart. Sogar Handelsverträge wurden am Apparat konzipiert. Die Entwicklung schritt voran. Zwei wichtige Neuerungen vereinfachten den Geschäftsablauf. Die Faxmaschine und das Natel.
Natel stand für «Nationales Autotelefon». Ich gehörte zu den Ersten, die ein Natel A im Auto eingebaut hatten. Für mich war das der logische Ausbau meines fahrenden Büros. Viele Kilometer legt ich wöchentlich per Auto zurück. Sehr bald gab ich es auf, selbst am Steuer zu sitzen. Fahrzeit und Parkplatzsuche wurden dem Chauffeur delegiert. Im Fonds sitzend hatte ich alles, was ich brauchte um wie im Büro arbeiten zu können. Nur ein Telefon fehlte. 1982 kam die Erlösung, das Mobiltelefon Natel A. Es bestand aus Lautsprecher mit Mikrofon, einen Bedienteil mit Tastatur und aus einer Steuereinheit. Diese Geräte waren in Griffnähe auf den Nebensitz platziert. Dazu kam noch der Funkteil, ein 15 Kilo schwerer Koffer im Gepäckraum fixiert. Weiter brauchte es noch eine spezielle Antenne auf dem Autodach und für die Stromversorgung ein Kabel zum Autoakku. Die Installation war eine teure Sache. 22’000 Franken kostete die ganze Einrichtung. Dazu kam eine Jahresanschlussgebühr von 150 Franken. Ein Anruf für drei Minuten Gesprächsdauer belief sich auf einem Fünfliber. Luxus pur werden sie sagen. Wo denken sie hin. Ununterbrochen konnte ich so von morgens bis am Abend arbeiten. Egal wo ich war. Ob im Büro oder im Auto. Es blieb beinahe nichts liegen. Ich war immer auf jedes Gespräch bestens vorbereitet. War immer pünktlich beim Kunden oder bei den Gesprächspartnern. Nie eine Ausrede, wie «keinen Parkplatz gefunden» oder «im Stau stecken geblieben.» Auf diesem Gebiet war ich ein Pionier. Und ich konnte unterwegs telefonieren. Nicht ganz. Es gab Einschränkungen. Vor allem in den Anfangsphasen.
Das Mobiltelefon war ein Funkgerät. Es war auf auswärtige Antennen, wo es sich einloggen konnte, angewiesen. Das war nicht immer möglich. Es gab nur fünf Antennen der PTT längst den Autobahnen. Die Geografie unseres Landes trug auch nichts zur Verbesserung des Empfangs bei. Tunnels, Schluchten und Funkschatten sorgten immer wieder für eine Feuerpause während des Gesprächs.
Ein Freund von mir lag im Spital. Auf meinem Heimweg wollte ich ihm gute Genesung wünschen. Als die Verbindung endlich klappte wurden wir während einer halben Stunde sechs Mal unterbrochen. Das eigentliche Gespräch hatte keine drei Minuten gedauert. Der Patient war Journalist. Für seine spitze Feder bekannt. In seiner nächsten Kolumne wurde ich mit Spot, Hohn und Häme übergossen.

Aus heutiger Sicht. Aus der Sicht des Benützers von Smartphone, von künstlicher Intelligenz, von  automatischer Sprachübersetzung und vor den «laut vorlesen“ Möglichkeiten am PC, eine nicht vorstellbare Art ein Geschäft zu betreiben. Heute ist jedermann mit dem Handy in der Lage diese Funktionen im Handumdrehen auszuführen. Dieser Hochleistungscomputer 189 Gramm schwer, in jeder Tasche passend,  macht uns stets und überall erreichbar. Welch riesiger Fortschritt.

Und doch, die Zeit als die ultramodernen, zylindrischen Telefonzellen die Bahnhofstrasse zierten, war für mich eine gute Zeit. Irgendwie fehlt etwas, wenn ich heute durch Zürich schlendere. Es sind die Telefonkabinen, welche durch den flächendeckenden Besitz des Handy den Tod gefunden haben.

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Cabine téléphonique

C’est à Lucerne, dans le jardin Helvetia que se trouvait l’une des premières cabines téléphoniques de la ville. Elle se situait à environ 400 mètres de notre appartement. C’était en 1948. A l’époque, téléphoner était une coûteuse entreprise. Une communication vers Genève coûtait, en valeur monétaire actuelle, douze francs pour trois minutes. Le téléphone n’était certainement pas pour les enfants! Les appels locaux n’étaient pas non plus autorisés pour les jeunes. Elles coûtaient un franc pour trois minutes. Il ne nous restait donc que la cabine du jardin Helvetia, sur la Place Fédérale.
Sur une surface d’un seul mètre carré trônait une cabane avec des parois en verre. A l’intérieur se trouvaient l’appareil téléphonique et la petite table avec les annuaires téléphoniques. Avec le citoyen qui devait y téléphoner, la cabine se retrouvait pleine à craquer. Pour l’automate, il faut s’imaginer une boîte en fonte de la taille d’un four. Le combiné téléphonique était relié à une gaine métallique, comme celle que l’on utilise aujourd’hui pour les douches. A l’intérieur se trouvait le câble téléphonique proprement dit, ainsi protégé du vandalisme. Tout était construit de manière robuste et résistante aux intempéries.
Si vous vouliez téléphoner, il vous fallait alors de la monnaie. En fait, l’appareil n’acceptait rien que de la monnaie. Des pièces de dix centimes, de vingt centimes et un demi-franc. La somme de 30 centimes permettait de téléphoner pendant trois minutes. Il n’était pas possible de payer en plus pour une conversation plus longue. Pas très approprié pour une longue conversation avec une amie.
A l’époque, peu de ménages avaient leur raccordement téléphonique propre. Il n’existait alors que le réseau fixe des PTT, comme on dirait aujourd’hui. Swisscom n’était pas près d’être née. Un de mes amis qui travaillait à la NZZ m’a expliqué comment se présentait la liste téléphonique interne des principaux collaborateurs. Ceux qui avaient leur propre ligne à la maison étaient listés en rouge. Les autres en noir. C’était le cas de la plupart d’entre eux. Le numéro du voisin y figurait. Celui-ci appelait la personne recherchée dans la maison voisine à son téléphone. La communication était ainsi établie.
Les cabines téléphoniques ont été construites parce que le nombre d’abonnés au téléphone fixe était si faible. Elles devaient être à la disposition de tout le monde en cas d’urgence. Cinquante centimes dans la fente, et avec le n° 14, la police était là. Le n° 15 pour les pompiers. Le n° 12 pour l’hôpital cantonal. Pour les affiliations bourgeoises, il y avait des numéros à six chiffres. Les numéros de service étaient à deux chiffres. Aucune taxe n’était perçue pour ces appels. L’appareil rendait les cinquante centimes lorsqu’on raccrochait le combiné.
Ce qui nous intéressait, c’était le n° 16, l’heure exacte. “Quinze heures, onze minutes et quarante secondes – top”. Toutes les vingt secondes, une voix cuivrée déclamait l’heure juste. Nous pouvions régler nos montres tous les jours. Et ce, gratuitement. Le n° 11, celui des renseignements, était particulièrement demandé. C’était un vestige des anciens centraux téléphoniques tenus par des jeunes femmes. Au tout début de la téléphonie, chaque communication était établie par les demoiselles du téléphone. Le service de renseignements était le seul vestige humain de cette époque nouvellement automatisée. Les renseignements devaient nous aider à trouver un numéro de téléphone. Ils renseignaient également sur toutes autres sortes de questions, comme: “Quel tram va au cimetière?” “Où se trouve un magasin de photos?” ou “Comment s’appelle la capitale du Pakistan?” A toutes ces questions, les renseignements donnaient une réponse. Nous, les jeunes, nous nous sentions particulièrement originaux en posant des questions insolites et ridicules. “Mademoiselle, le zèbre est-il un cheval blanc avec des rayures noires ou un cheval noir avec des rayures blanches?” Comme un coup de fusil, la réponse est venue : “Un cheval blanc avec des rayures noires”. Apparemment, nous n’étions pas les seuls à faire des blagues avec les renseignements.
Les cabines téléphoniques ont été de plus en plus adaptées aux besoins de l’époque. On pouvait tenir des conversations plus longues. Il était maintenant possible de payer après coup. A condition d’avoir suffisamment de pièces de monnaie à portée de main. On pouvait même téléphoner à l’étranger depuis la cabine. Bien que les tarifs soient de plus en plus avantageux, téléphoner à l’étranger restait un investissement, un luxe.

Il est arrivé que pendant mes études, l’une des six cabines téléphoniques de Bellevue à Zurich soit défectueuse. Défectueux, et ce qui est rare, une erreur qui profitait à l’utilisateur. C’est à cette cabine, et à elle seule, que l’on pouvait téléphoner à l’étranger pour un demi-franc sans aucune limite de temps. Une aubaine pour les nombreux étudiants étrangers. Ceux-ci ont tenté de garder secrète cette machine bon marché. Ce qui n’a bien sûr pas réussi. Au bout de six mois, les PTT eurent vent de l’affaire. La manne financière fut interrompue.
Téléphoner devenait de plus en plus important et de moins en moins cher. Les appels locaux coûtaient certes encore trente centimes. Mais ils n’étaient plus limités dans le temps. Par conséquent, les adolescents bloquaient pendant d’innombrables heures la ligne téléphonique familiale avec des bavardages locaux.
Dans le monde des affaires, téléphoner était vital. Beaucoup d’affaires qui devaient encore se régler par courrier il y a quelques décennies pouvaient désormais être convenues par téléphone. Les commandes étaient passées par téléphone, les offres étaient discutées, les rendez-vous étaient pris. Même les contrats commerciaux étaient conçus au téléphone. L’évolution se poursuivait. Deux innovations importantes vinrent encore simplifier le déroulement des affaires. La machine à fax et le Natel.
Natel signifiait “téléphone national pour voiture”. J’ai été l’un des premiers à installer un Natel A dans ma voiture. Pour moi, c’était l’extension logique de mon bureau mobile. Je parcourais de nombreux kilomètres par semaine en voiture. Très vite, j’ai renoncé à prendre le volant. Le temps de route et la recherche d’une place de parking étaient délégués au chauffeur. Assis à l’arrière, je disposais de tout ce dont j’avais besoin pour travailler comme dans mon bureau. Il ne manquait qu’un téléphone. En 1982, la délivrance est venue avec le téléphone portable Natel A. Il se composait d’un haut-parleur avec microphone, d’un panneau de commande avec clavier et d’une unité de contrôle. Ces appareils étaient placés à portée de main sur le siège voisin. A cela s’ajoutait la partie radio, une valise de 15 kilos fixée dans la malle arrière. Il fallait également une antenne spéciale sur le toit de la voiture et, pour l’alimentation électrique, un câble vers l’accumulateur de la voiture. L’installation a coûté cher. L’ensemble de l’installation chiffrait 22’000 francs. A cela s’ajoutait une taxe de raccordement annuelle de 150 francs. Un appel pour trois minutes de communication s’élevait à cinq francs. Le luxe à l’état pur, me direz-vous. Mais qu’allez-vous donc penser? Je pouvais ainsi travailler sans interruption du matin au soir. Peu importe où j’étais. Que ce soit au bureau ou dans la voiture. Il ne restait presque aucun dossier en suspens. J’étais toujours bien préparé pour chaque entretien. J’étais toujours à l’heure chez le client ou chez l’interlocuteur. Jamais d’excuse du genre “pas trouvé de place de parking” ou “coincé dans les embouteillages”. Dans ce domaine, j’étais un pionnier. Et je pouvais téléphoner en route.
Pas tout à fait. En effet, il y avait certaines restrictions. Surtout dans les premières phases. Le téléphone portable était un appareil radio. Il dépendait d’antennes extérieures où il pouvait se connecter. Ce n’était pas toujours possible. Il n’y avait que cinq antennes des PTT le long des autoroutes. La géographie de notre pays n’a pas non plus contribué à améliorer la réception. Les tunnels, les ravins et les ombres radio provoquaient régulièrement des pauses de feu pendant la conversation.

Un de mes amis était hospitalisé. En rentrant chez moi, je voulais lui souhaiter un bon rétablissement. Lorsque la liaison a enfin été établie, nous avons été interrompus six fois pendant une demi-heure. La conversation proprement dite n’avait pas duré trois minutes. Le patient était journaliste. Connu pour sa plume acérée. Dans sa chronique suivante, j’ai été inondé de railleries, de moqueries et de malveillance.
Vu d’aujourd’hui, du point de vue de l’utilisateur de smartphone, d’intelligence artificielle, de traduction vocale automatique et avant les possibilités de “lecture à haute voix” sur PC, c’est une manière inimaginable de faire des affaires. Aujourd’hui, tout le monde est capable d’exécuter ces fonctions en un clin d’œil grâce à son téléphone portable. Cet ordinateur ultraperformant, qui pèse 189 grammes et se glisse dans n’importe quelle poche, nous permet d’être joignables partout et à tout moment. Quel énorme progrès!

Et pourtant, l’époque où les cabines téléphoniques cylindriques ultramodernes ornaient la Bahnhofstrasse était pour moi une bonne époque. D’une certaine manière, il manque quelque chose lorsque je me promène aujourd’hui dans Zurich. Ce sont les cabines téléphoniques qui ont trouvé une fin avec la possession globalisée du téléphone portable.

 

 

 

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Dreizehn

22Im ersten Monat im Neuen Jahr gab es einen «Freitag, den 13.». Viele Menschen sind besorgt, es könnte an einem solchen Tag ein grösseres Desaster geben. Alles Aberglaube! 300 Jahre nach der Aufklärung, der Epoche der Vernunft, im Zeitalter der künstlichen Intelligenz, weiss doch jedermann, dieser Hokuspokus ist definitiv vorbei. Dreizehn ist keine Unglückszahl. Das Leben bewegt sich in realistischen Bahnen.

Warum gibt es heute noch in keinem Hotel ein Zimmer Nummer 13? Warum gibt es in Kinosälen keine Reihe 13? Und schon gar nicht einen Sitzplatz Nr. 13? Wie ist das mit der schwarzen Katze, die unseren Weg von links kommend quert? Und mit dem Rabenvogel, der auf dem Kamin sitzt und Unheil ins Haus bringt? Klopfen Sie ruhig zwischendurch drei Mal auf Holz, damit nichts Böses passiert. Geben Sie dem Kaminfeger die Hand, das bringt Glück. Ebenso das Bierglas, welches beim Abwaschen aus den Händen rutscht und in Scherben geht. Bei der Spinne ist es nicht so eindeutig. Begegnet man ihr am Morgen, bringt sie Sorgen. Kommt sie am Mittag vorbei, gibt es Glück am dritten Tag. Nicht unter einer Leiter durchgehen ist noch verständlich. Es könnte tatsächlich passieren, dass der Dachdecker ein paar Ziegel fallen lässt.
Man kann nie wissen. So ganz genau weiss man dann doch nicht, ob etwas dran ist am Aberglauben. Vielleicht gibt es übernatürliche Kräfte, die ihre Wirksamkeit zeigen.

In meiner Jugendzeit in Leuk begleiteten mich solche Vorkommnisse auf Schritt und Tritt. Besonders bedrohlich war ein geborstener Spiegel. Wer dort hineinblickte, dem drohte der Tod. Aberglaube war im Tagesablauf solide eingebaut. Er war ein Teil des Geschehens. Kaum ein Tag verging, an dem man nicht mit seinen Riten, seinen Symbolen und seinen Bräuchen in Berührung kam.

Diese Magie ging auch nicht an mir vorbei. Dem 13. Lebensjahr sah ich mit Sorge und Furcht entgegen. Ich hielt es für möglich, dass ich es nicht überleben würde. Heute, 77 Jahre später, schreibe ich eben diese Kolumne. Die Sorge war deutlich vergebens.

 

Im 21. Jahrhundert angekommen, glaube ich zu wissen, der Aberglaube ist so alt wie die Menschheit. Der Glaube an Glück und Kummer, angezeigt durch Denkmuster wie Glücksymbole (Hufeisen und Kleeblätter) und Spruchformeln sind Teil unserer Kultur. So wird der Aberglaube in unserem modernen Leben weiter bestehen. Goethe nannte es die Poesie des Lebens.
Wissenschaftlich haben diese Vorgänge keinen Bestand. Sogar am Freitag dem 13. konnte keine Häufung von Unbill festgestellt werden. «Klar», sagt unser rationaler Verstand, «das muss so sein“. Und doch findet in allen Kulturen der Aberglaube im Leben und Handeln der Menschen statt. Zwischen Himmel und Erde gibt es Dinge, von denen wir nicht wissen wie, wann und warum sie wirken. Genau so gibt es das im täglichen Ablauf. Ein Teller fällt, von der Schwerkraft angezogen, zu Boden und zerspringt in tausend Scherben. Die Gravitation begleitet uns, wo immer wir sind, was immer wir tun, trotzdem wissen wir nicht, was Schwerkraft ist. Eine Sicherung gibt im elektrischen Schaltbrett den Geist auf. Kein Strom mehr in der Lampe, totale Dunkelheit. Was ist eigentlich Elektrizität? Wir wissen es nicht.

An einer anderen Stelle haben Sie schon von mir gelesen, wie schön ich es finde, dass es Vorgänge gibt, die unser Leben verschönern, Elektrizität und die Schwerkraft als Beispiel, ohne dass wir wissen, warum.

Im Oktober dieses Jahres gibt es wieder einen Dreizehnten, der auf einen Freitag fällt. Leben Sie wohl. Toi-toi-toi!

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Treize

Le premier mois de la nouvelle année a été marqué par un “vendredi 13”. De nombreuses personnes craignent qu’un désastre majeur ne survienne un tel jour. Que de superstitions! Trois cents ans après le siècle des lumières, l’époque de la raison, à l’ère de l’intelligence artificielle, tout le monde sait pourtant que ce tour de passe-passe est définitivement terminé. Treize n’est pas un chiffre de malédiction. La vie se déroule dans des voies réalistes.
Pourquoi n’y a-t-il pas encore de chambre numéro 13 dans les hôtels? Pourquoi n’y a-t-il pas de rangée 13 dans les salles de cinéma? Et encore moins un siège numéro 13? Qu’en est-il du chat noir qui traverse notre chemin en venant de la gauche? Et avec le corbeau perché sur la cheminée qui apporte le malheur dans la maison? N’hésitez pas à taper trois fois sur du bois de temps en temps pour que rien de mal n’arrive. Serrez la main du ramoneur, cela porte chance. Il en va de même pour le verre de bière qui vous échappe des mains lorsque vous faites la vaisselle et qui se brise en morceaux. Pour l’araignée, ce n’est pas aussi clair. Si on la rencontre le matin, elle apporte des soucis. Si elle passe à midi, c’est le bonheur le troisième jour. Ne pas passer sous une échelle est encore compréhensible. Il pourrait en effet arriver que le couvreur laisse tomber quelques tuiles.

On ne sait jamais. On ne sait pas vraiment s’il y a du vrai dans les superstitions. Peut-être y a-t-il des forces surnaturelles qui montrent leur pouvoir.
Dans ma jeunesse à Loèche, de tels événements m’accompagnaient à chaque pas. Un miroir brisé était particulièrement menaçant. Celui qui y regardait était menacé de mort. La superstition était solidement intégrée dans le déroulement du quotidien. Elle faisait partie intégrante des événements. Il ne se passait guère de jour sans que l’on soit en contact avec ses rites, ses symboles et ses coutumes.
Cette magie ne m’a pas épargné. J’attendais l’âge fatal de 13 ans avec inquiétude et crainte. Je pensais qu’il était possible que je ne le survive pas. Aujourd’hui, 77 ans plus tard, j’écris cette chronique. Mon inquiétude était clairement en vain.

Arrivé au 21e siècle, je crois savoir que la superstition est aussi vieille que l’humanité. La croyance en la chance et le chagrin, indiquée par des schémas de pensée tels que les symboles dits de chance (fer à cheval et trèfles à quatre feuilles) et litanies, fait partie de notre culture. Ainsi, la superstition continuera d’exister dans notre vie moderne. Goethe l’appelait la poésie de la vie.
Scientifiquement, ces processus ne tiennent pas la route. Même le vendredi 13, aucune accumulation de malheurs n’a pu être constatée. “Bien sûr”, dit notre esprit rationnel, “cela doit être ainsi”. Et pourtant, dans toutes les cultures, les superstitions se retrouvent dans la vie et les actions des gens. Entre le ciel et la terre, il y a des choses dont nous ne savons pas comment, quand et pourquoi elles agissent. C’est exactement ce qui se passe dans la vie quotidienne. Une assiette, attirée par la gravité, tombe au sol et se brise en mille morceaux. La gravitation nous accompagne où que nous soyons, quoi que nous fassions, et pourtant nous ne savons pas ce qu’est la gravité. Un fusible rend l’âme dans le tableau électrique. Plus de courant dans la lampe, l’obscurité totale. Qu’est-ce que l’électricité au juste? Nous ne le savons pas.

Auparavant, vous avez déjà lu de ma part combien je trouve beau qu’il y ait des processus qui embellissent notre vie, l’électricité et la pesanteur par exemple, sans que nous en sachions le pourquoi.

En octobre de cette année, il y aura encore un treizième jour qui tombera un vendredi. Au revoir à tous. Bonne chance!

 

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Dekade

Dieses Jahr endet die Jahrzahl auf drei. Was bedeutet, in diesem Jahr werde ich einen runden Geburtstag feiern. Neun Dekaden habe ich schon bald erlebt. So gehöre ich zur Minorität der noch lebenden Zeitzeugen vom zweiten Weltkrieg.

1933

In meinem Geburtsjahr kam Adolf Hitler an die Macht. Kaum zu glauben, damals galt er als der Mann, der Deutschland aus dem in der Weimarer Republik erzeugten Chaos befreien konnte. Als der Mann, der dem Reich seine Bedeutung und sein Ansehen zurückgeben konnte. Wie wir alle wissen, kam es ganz anders. Er liess ein in Trümmern liegendes, kaputtes Europa zurück.

1943

Das Glasperlenspiel von Hermann Hesse. Diesen letzten und umfangreichsten Roman, das Opus Magnum von Hesse habe ich erst eine Dekade später gelesen. Das Werk gehört immer noch zu einem meiner Lieblingsbücher. Sein Erzählstil und sein Satzbau sind faszinierend bis zum heutigen Tag. Die Lebensbeschreibung des Magister Knecht hat tiefe Spuren in meinem Gedächtnis und in meinem Leben zurückgelassen.

1953

Staudinger, Karrer, Ruzicka, Pauling, Werner, Wildstätter, Haber, Einstein, Debye, Kuhn, Prelog, Richard Ernst, Kurt Wüthrich. Alles Namen von Nobelpreisträgern, welche die Schweizer Forschungsgemeinde hervorgebracht hat. Viele davon habe ich persönlich gekannt. Leopold Ruzicka und Vladimir Prelog hatten mein Gesuch, Mitglied der Neuen Schweizerischen Chemischen Gesellschaft zu werden, mitunterzeichnet. Ich war sehr stolz, die Empfehlung von zwei Nobelpreisträgern anführen zu können.

1963

Papst Johannes XXIII, wegen seiner Volksnähe in der Öffentlichkeit «Il papa buono» genannt, war die grosse Hoffnung freiheitsliebender Katholiken. Mit dem zweiten Vatikanischen Konzil rief er zur pastoralen und ökumenischen Erneuerung auf. Die Liturgiereform, die Abschaffung der lateinischen Sprache und der liturgischen Gewänder standen zuoberst auf der Traktandenliste. Weg vom Latein, Einführung der Volkssprache und der Verzicht auf die Verwendung der Paramente. Ich bedaure diese Neuerungen. Für mich ein grosser Verlust. Die Messe hat damit ihre Mystik verloren. Alles wird plötzlich banal. Volksnähe war das Modewort. Wäre der römische Ritus noch in Kraft, die katholische Kirche hätte heute einen enormen Wettbewerbsvorteil im Kampf gegen leere Gotteshäuser.

1973

In Amsterdam wird das Van-Gogh-Kunstmuseum eröffnet. Vincent van Gogh hinterliess, als er mit 37 Jahren starb, etwa 900 Gemälde und 1100 Zeichnungen. Fürwahr ein umfangreiches Oeuvre. Es gibt viele Gründe, warum van Gogh für mich eine Bedeutung hat. In Holland geboren war der Künstler als Nationalheld omnipräsent. Seine Biografie beeindruckt mich. Seine Bilder strahlen eine besondere Kraft aus. Über 35 Selbstbildnisse von Vincent sind bekannt. In seinem Museum hängen sie alle, ungefähr in gleicher Grösse gemalt, nebeneinander aufgereiht. Jedes Mal, wenn ich in Amsterdam bin, mache ich einen Abstecher in den Saal der Selbstporträts. Von Mal zu Mal lerne ich beim Studium der Bilder Vincent van Gogh besser kennen.

1983

Uhrenmarke Swatch
Die Swatch wurde am 1. März 1983 in Zürich lanciert. Der Name entstand aus „Second Watch“.
Die Swatch hat die Welt der Uhren nachhaltig verändert. Und sie hat massgeblich zur Rettung der Schweizer Uhrenindustrie beigetragen. Die allerflachste Uhr aus Plastik. Das war ein Quantensprung. Ein Paradigmenwechsel in der historischen, präzisionsgepflegten Uhrmacherkunst. Die Rationalisierung der Fertigung von Armbanduhren am Fliessband war der wegweisende Strukturwandel in der Uhrenmetropole Biel. Die Fabrikation erfolgt komplett maschinell. Ein preisgünstiger Zeitmesser erobert die Welt. 200 bis 300 Millionen Swatch Uhren werden pro Jahr produziert. Jedermann kann sich jetzt mehrere Uhren leisten und sie als Accessoire der Garderobe anpassen. Die Armbanduhr mutierte zum Schmuckstück. Manche Liebhaber besitzen fünf bis sieben Swatch-Armbanduhren.
Aus einem grossen Fanclub wurde Swatch dank ihrem Bekanntheitsgrad zum gesuchtesten Sammlerobjekt. Als Zeitmesser trat sie in den Hintergrund.

1993

Luzern – Kapellbrücke in Brand
Am 18. August 1993 brach kurz nach Mitternacht auf der Kapellbrücke ein Feuer aus, dem rund zwei Drittel des Brückenoberbaus sowie die meisten Tafeln des Bilderzyklus zum Opfer fielen. Das Feuer war vermutlich auf einem der unter der Brücke vertäuten Boote ausgebrochen, die Brandursache wird aber bis heute kontrovers diskutiert. Die Brandkatastrophe löste weltweit emotionale Reaktionen aus, da mit der Brücke das Wahrzeichen der Stadt betroffen war. Innerhalb von nur acht Monaten wurde die Brücke wieder in Stand gestellt.

2003

Die Concorde wird eingestellt.Sie war das einzige Überschall-Passagierflugzeug im Linienflugdienst.
Der Direktionspräsident von ABB verliess sein Büro in Zürich-Oerlikon um sieben in der Früh. Mit dem Privatjet landete er in Paris. Stieg in die Concorde um und war um 11 Uhr in New York. Führte im Flughafen eine Besprechung. Nahm nachmittags dieselbe Maschine nach Paris zurück und war abends um sieben mit einem unterschiebenen Vertrag wieder in Zürich.
Solche Tripps von Superchefs fanden immer Bewunderung.
Der Erstflug der Concorde fand im März 1969 statt. Der Liniendienst startete im Januar 1976. Der letzte Flug im November 2003. Eigentlich war die Concorde ein Prestigeaushängeschild von Frankreich und England. Aber vor allem ein betriebswirtschaftlicher Flopp. Die Reichweite war für den internationalen Flugverkehr zu kurz. Die Wirtschaftlichkeit im Betrieb kam nie über eine rote Null hinaus. Die technische Sensation verursachte blutrote Spuren in den Bilanzen der Air France und der Britsch Airways. Der ohrenbetäubende Lärm bei Start und Landung sorgte für Anfechtungen in der Presse und an der Börse. Viele Flughäfen erteilten dem Supervogel keine Landerlaubnis.
Den Todesstoss erlebte das technische Wunderwerk im Juli 2020. Kurz nach dem Start in Paris stürzte die brennende Maschine ab. Erstaunlich, die Concorde, eine echte Fehlkonstruktion, war mehr als 25 Jahre im Dienst.

2013

Die Forelle ist der Fisch des Jahres. Über die Forelle habe ich im Blog vom Januar 2021 bereits einmal berichtet.
Die Forelle ist der beliebteste Fisch der Schweiz. Und auch einer der häufigsten.
Forellen können durch ihre beeindruckende ökologische Flexibilität ein breites Spektrum an Lebensräumen bewohnen. In der Schweiz findet man die Fische in reissenden Bächen im Gebirge, in Voralpenflüssen oder in Mittellandseen. Es ist nicht erstaunlich, dass sie bis ins 20. Jahrhundert als einer der wichtigsten Fische in der Freizeitfischerei galt.

Ab dem Neujahrstag war im Wallis der Fischfang mit der Angelrute eröffnet. Onkel Hans und ich waren Jahr für Jahr am Berchtoldstag mit allem Fischerzeug an den Ufern des Rotten und der Wildbäche des Bezirks auf Pirsch. Der Wettbewerb war ausgelöst. „Wer bringt die erste Forelle im Neuen Jahr auf den Tisch?“

2023

Das Jahr ist noch jung. Was wird es wohl bringen? Viel wissen wir noch nicht. Sicher ist, auch den 22. August…

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